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L'Eglise et l'artBenoît XVI aux artistes : « La Beauté apporte la joie au cœur des hommes » 24 novembre 2009
Le lien étroit entre l'Eglise et l'art est antique. Presque comme la tradition chrétienne à laquelle, cependant, les différentes expressions artistiques sont historiquement liées, plus qu'à n'importe quel autre monde religieux. Et toutefois ce lien étroit, déjà mûri dans l'antiquité tardive, s'est affaibli au cours du XIXe siècle jusqu'à se transformer souvent en éloignement au XXe siècle et plus encore aujourd'hui, lorsque la beauté désintéressée "a pris congé sur la pointe des pieds du monde moderne des intérêts", comme le remarquait H.-U. von Balthasar cité par Benoît XVI devant les artistes réunis dans la Chapelle Sixtine. Là où Paul VI, en 1964, proposa aux artistes de relancer une alliance qui avait laissé des fruits durables au cours de presque vingt siècles, son successeur actuel a de nouveau invité des femmes et des hommes d'art - de pays, de cultures et de religions différentes, "peut-être même éloignés d'expériences religieuses, mais désireux de garder vivante une communication avec l'Eglise catholique" - à l'amitié, au dialogue, à la collaboration. Renouvelant l'invitation dans un lieu chargé de symboles comme la Chapelle Sixtine, où a retenti et retentit fréquemment la musique au service de la liturgie, c'est-à-dire de Dieu, la "source de toute autre beauté" entrevue par saint Augustin. Sur les traces de son prédécesseur Jean-Paul II - "lui aussi un artiste" qui voulut adresser aux artistes un document pontifical solennel - et avec la même ouverture dont fit preuve Paul VI, sans se cacher les difficultés actuelles, le Pape a reproposé l'alliance d'autrefois: "Nous avons besoin de vous", car si "vous êtes les amis de l'art véritable, vous êtes nos amis". Des paroles contenues dans le message du Concile Vatican II aux artistes. Oui, car la beauté, comme la vérité, apporte la joie au cœur des hommes. Et cela vaut donc la peine d'établir une alliance entre les gardiens de la beauté et ceux qui, dans l'humilité quotidienne, sont appelés à témoigner et à servir la vérité (Source: eucharistiemisericor.free.fr)
* Discours du pape Benoît XVI aux artistes ici * Regarder la vidéo en Français * Photos cliquant ici (source: benoit-et-moi.fr/2009) Vatican-Pentecôte 2009
L'homélie de Pentecôte de Benoît XVI « Que l'Eglise soit moins ˮessouffléeˮ par les activités et plus dédiée à la prière »
31 mai 2009
Chers frères et sœurs, Dans la solennité d'aujourd'hui, l'Ecriture nous dit encore une fois comment doit être la communauté, comment nous devons être, nous, pour recevoir le don de l'Esprit Saint. Dans le récit, qui décrit l'événement de la Pentecôte, l'auteur sacré rappelle que les disciples « se trouvaient tous ensemble en un seul lieu ». Ce « lieu » est le Cénacle, la « chambre haute », où Jésus avait fait la Dernière Cène avec ses disciples, où il était apparu à eux, ressuscité ; cette chambre qui était devenue pour ainsi dire le « siège » de l'Eglise naissante (cf. Ac 1,13). Cependant, plutôt que d'insister sur le lieu physique, les Actes des Apôtres veulent faire remarquer l'attitude intérieure des disciples : « Tous d'un même cœur étaient assidus à la prière » (Ac 1, 14). Donc, la concorde des disciples est la condition pour que l'Esprit Saint vienne ; et le présupposé de la concorde, c'est la prière. Chers frères et sœurs, ceci vaut aussi pour l'Eglise d'aujourd'hui, cela vaut pour nous, qui sommes ici réunis. Si nous ne voulons pas que la Pentecôte se réduise à un simple rite ou à une commémoration, même suggestive, mais soit un événement actuel de salut, nous devons nous prédisposer en religieuse attente du don de Dieu par l'écoute humble et silencieuse de sa Parole. Pour que la Pentecôte se renouvelle à notre époque, il faut peut-être - sans rien enlever à la liberté de Dieu - que l'Eglise soit moins «essoufflée» par les activités et plus dédiée à la prière. C'est ce que nous enseigne la Mère de l'Eglise, la très sainte Vierge Marie, Epouse de l'Esprit Saint. Cette année, la Pentecôte tombe justement le dernier jour du mois de mai, où l'on célèbre habituellement la fête de la Visitation. Ce fut aussi une sorte de petite Pentecôte qui a fait surgir la joie et la louange des cœurs d'Elisabeth et de Marie, l'une stérile, et l'autre vierge, devenues l'une et l'autre mère grâce à une intervention divine extraordinaire (cf. Lc 1, 41-45) (...) Mais je voudrais souligner aussi un autre aspect : la tempête est décrite comme un «vent impétueux» et cela fait penser à l'air qui différencie notre planète des autres astres et nous permet d'y vivre. Ce que l'air est à la vie biologique, l'Esprit Saint l'est à la vie spirituelle ; et de même qu'il existe une pollution atmosphérique qui empoisonne l'environnement et les êtres vivants, de même il existe une pollution du cœur et de l'esprit qui mortifie et empoisonne l'existence spirituelle. Alors qu'il ne faut pas s'habituer aux poisons de l'air - et pour cela l'engagement écologique représente aujourd'hui une priorité -, on devrait agir de même pour ce qui corrompt l'esprit. Il semble au contraire que l'on s'habitue sans difficulté à tant de produits qui polluent l'esprit et le cœur et circulent dans notre société - par exemple les images qui font un spectacle du plaisir, de la violence ou du mépris de l'homme et de la femme. C'est aussi cela la liberté, dit-on, sans reconnaître que tout cela pollue, intoxique l'esprit, surtout des nouvelles générations, et finit ensuite par conditionner la liberté elle-même. La métaphore du vent impétueux de Pentecôte fait penser au contraire à quel point il est précieux de respirer un air propre, un air physique, par les poumons, et par le cœur, un air spirituel, l'air salubre de l'esprit qui est l'amour ! (...) Enfin, une dernière réflexion tirée du récit des Actes des Apôtres : l'Esprit Saint fait vaincre la peur. Nous savons comment les disciples s'étaient réfugiés au Cénacle après l'arrestation de leur Maître et y étaient restés enfermés par peur de subir le même sort. Après la résurrection de Jésus, leur peur ne disparaît pas à l'improviste. Mais voilà qu'à la pentecôte, lorsque l'Esprit Saint se posa sur eux, ces hommes sortirent sans peur et commencèrent à annoncer à tous la bonne nouvelle du Christ crucifié et ressuscité. Ils n'avaient pas peur, parce qu'ils se sentaient entre les mains du plus fort. Oui, chers frères et sœurs, l'Esprit de Dieu, là où il entre, chasse la peur ; il nous fait savoir et sentir que nous sommes entre les mains d'une Toute-Puissance d'amour : quoi qu'il arrive, son amour infini ne nous abandonne pas. C'est ce que montrent le témoignage des martyrs, le courage des confesseurs, l'élan intrépide des missionnaires, la franchise des prédicateurs, l'exemple de tous les saints, certains même adolescents et enfants. C'est ce que montre l'existence même de l'Eglise, qui, en dépit des limites et des fautes des hommes, continue de traverser l'océan de l'histoire, poussée par le souffle de Dieu, et animée par son feu purificateur. Avec cette foi et cette joyeuse espérance, nous répétons aujourd'hui, par l'intercession de Marie : « Envoie ton Esprit, Seigneur, qu'il renouvelle la face de la terre ».
Le fruit de Pâques« Nous ne sommes plus l’un à côté de l’autre ou l’un contre l’autre » Dans son discours d’adieu, Jésus a annoncé à ses disciples, par une phrase mystérieuse, sa mort imminente et sa résurrection. Il dit : « Je m’en vais, et je reviens vers vous » (Jn 14, 28). Mourir c’est s’en aller. Même si le corps du défunt demeure encore –personnellement, il s’en est allé vers l’inconnu et nous ne pouvons pas le suivre (cf. Jn 13, 36). Mais dans le cas de Jésus, il y a une nouveauté unique, qui change le monde. Dans notre mort, s’en aller, c’est quelque chose de définitif, il n’y a pas de retour. Jésus, au contraire, dit de sa mort : « Je m’en vais, et je reviens vers vous ». En réalité, dans ce départ, il vient. Son départ inaugure pour lui un mode de présence totalement nouveau et plus grand. Par sa mort il entre dans l’amour du Père. Sa mort est un acte d’amour. Mais l’amour est immortel. C’est pourquoi son départ se transforme en un nouveau retour, en une forme de présence qui parvient plus en profondeur et qui ne finit plus. Dans sa vie terrestre, Jésus, comme nous tous, était lié aux conditions extérieures de l’existence corporelle : à un lieu déterminé et à un temps donné. La corporéité met des limites à notre existence. Nous ne pouvons pas être en même temps en deux lieux différents. Notre temps est destiné à finir. Et entre le je et le tu il y a le mur de l’altérité. Bien sûr, dans l’amour nous pouvons d’une certaine façon entrer dans l’existence d’autrui. Cependant, la barrière qui vient du fait que nous sommes différents demeure infranchissable. Au contraire, Jésus, qui est maintenant totalement transformé par l’action de l’amour, est libéré de ces barrières et de ces limites. Il est en mesure de passer non seulement à travers les portes extérieures fermées, comme nous le racontent les Évangiles (cf. Jn 20, 19). Il peut passer à travers la porte intérieure entre le je et le tu, la porte fermée entre l’hier et l’aujourd’hui, entre le passé et l’avenir. Quand, le jour de son entrée solennelle à Jérusalem, un groupe de Grecs avait demandé à le voir, Jésus avait répondu par la parabole du grain de blé qui, pour porter beaucoup de fruit, doit passer par la mort. De cette manière, il avait prédit son propre destin : il ne voulait pas alors simplement parler avec tel ou tel Grec pour quelques minutes. Par sa Croix, à travers son départ, à travers sa mort comme le grain de blé, il serait vraiment arrivé auprès des Grecs, si bien que ces derniers pourraient le voir et le toucher dans la foi. Son départ devient un retour dans le mode universel de la présence du Ressuscité, dans lequel il est présent hier, aujourd’hui et pour l’éternité ; dans lequel il embrasse tous les temps et tous les lieux. Maintenant il peut aussi franchir le mur de l’altérité qui sépare le je du tu. Cela est arrivé avec Paul, qui décrit le processus de sa conversion et de son baptême par ces paroles : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). Par la venue du Ressuscité, Paul a obtenu une identité nouvelle. Son moi fermé s’est ouvert. Désormais il vit en communion avec Jésus Christ, dans le grand moi des croyants qui sont devenus – comme il le définit – « un dans le Christ » (Ga 3, 28). Il apparaît donc évident que – par le Baptême – les paroles mystérieuses de Jésus au Cénacle se font maintenant de nouveau présentes pour vous. Dans le Baptême, le Seigneur entre dans votre vie par la porte de votre cœur. Nous ne sommes plus l’un à côté de l’autre ou l’un contre l’autre. Le Seigneur traverse toutes ces portes. Telle est la réalité du Baptême : lui, le Ressuscité, vient, il vient à vous et il associe sa vie à la vôtre, vous tenant dans le feu ouvert de son amour. Vous devenez une unité, oui, un avec Lui, et de ce fait un entre vous. S.S. Benoît XVI Homélie du Samedi Saint Jean-Paul II bienheureux le 2 avril 2010
Benoît XVI célèbre la messe anniversaire des 4 ans de la mort de Jean-Paul II
Il y a quatre ans, précisément aujourd'hui, mon bien-aimé prédécesseur le Serviteur de Dieu Jean-Paul II, concluait son pèlerinage terrestre, après une longue période de grande souffrance. Nous célébrons l'Eucharistie en mémoire de son âme, tandis que nous rendons grâce au Seigneur pour l'avoir donné à l'Eglise, pendant tant d'années, comme pasteur zélé et généreux. Nous sommes réunis ce soir par son souvenir, qui continue à être vivant dans le cœur des personnes, comme le démontre également le pèlerinage ininterrompu de fidèles sur sa tombe, dans les Grottes Vaticanes. C'est donc avec émotion et joie que je préside cette messe, tandis que je vous salue et je vous remercie pour votre présence, vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce, ainsi que vous, chers fidèles venus de diverses parties du monde, notamment de Pologne, pour cette occasion particulière. Je voudrais saluer les Polonais et, de façon particulière, les jeunes polonais. A l'occasion du quatrième anniversaire de la mort de Jean-Paul II, accueillez son appel : « N'ayez pas peur de vous en remettre [au Christ]. Il vous guidera, il vous donnera la force de le suivre chaque jour et en toute situation » (Tor Vergata, veillée de prière, 18 août 2000). Je souhaite que cette pensée du serviteur de Dieu vous guide sur les chemins de votre vie, et vous conduise au bonheur du matin de la Résurrection. Je salue le cardinal-vicaire, le cardinal archevêque de Cracovie ainsi que les autres cardinaux et prélats ; je salue les prêtres, les religieux et les religieuses. Je vous salue de façon spéciale, vous, bien-aimés jeunes de Rome, qui à travers cette célébration, vous préparez à la Journée mondiale de la jeunesse, que nous vivrons ensemble dimanche prochain, Dimanche des Rameaux. Votre présence me rappelle à l'esprit l'enthousiasme que Jean-Paul II savait transmettre aux jeunes générations. Sa mémoire est un encouragement pour nous tous, rassemblés dans cette Basilique où, en de nombreuses occasions, il a célébré l'Eucharistie, à nous laisser illuminer et interpeller par la Parole de Dieu qui vient d'être proclamée. L'Evangile de ce jeudi de la cinquième semaine de Carême propose à notre méditation la dernière partie du chapitre VIII de Jean, qui contient un long débat sur l'identité de Jésus. Peu de temps auparavant, Il s'est présenté comme « la lumière du monde » (v. 12), en utilisant par trois fois (vv. 24.28.58) l'expression « Je suis » qui, dans un sens fort, rappelle le nom de Dieu révélé à Moïse (cf. Ex 3, 14). Et il ajoute : « Si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort » (v. 51), en déclarant ainsi avoir été envoyé par Dieu, qui est son Père, pour apporter aux hommes la liberté radicale du péché et de la mort, indispensable pour entrer dans la vie éternelle. Toutefois, ses paroles blessent l'orgueil de ses interlocuteurs, et la référence au grand patriarche Abraham devient également un motif de conflit. « En vérité, en vérité je vous le dis, - affirme le Seigneur - avant qu'Abraham existât, Je Suis » (8, 58). Sans demi-mesure, il déclare sa préexistence, et donc, sa supériorité par rapport à Abraham, suscitant - de façon compréhensible - la réaction scandalisée des juifs. Mais Jésus ne peut taire son identité ; il sait que, à la fin, le Père lui-même lui donnera raison, le glorifiant par la mort et la résurrection, car précisément lorsqu'il sera élevé sur la croix, il se révélera comme le Fils unique de Dieu (cf. Jn 8, 28 ; Mc 15, 39). Chers amis, en méditant sur cette page de l'Evangile de Jean, il est naturel de considérer combien il est difficile en vérité de témoigner du Christ. Et notre pensée va vers le bien-aimé Serviteur de Dieu Karol Wojtyla-Jean-Paul II, qui dès sa jeunesse, démontra être un courageux et ardent défenseur du Christ : il n'hésita pas à consacrer toutes ses énergies à en diffuser partout la lumière ; il n'acceptait aucun compromis lorsqu'il s'agissait de proclamer et de défendre sa Vérité ; il ne se lassa jamais de diffuser son amour. Du début de son pontificat jusqu'au 2 avril 2005, il n'eut pas peur de proclamer, à tous et toujours que seul Jésus est le Sauveur et le véritable libérateur de l'homme et de tout l'homme. « Je te rendrai extrêmement fécond » (Gn 17, 6). Si témoigner de son adhésion à l'Evangile n'est jamais simple, nous sommes certainement réconfortés par la certitude que Dieu rend fécond notre engagement, lorsqu'il est sincère et généreux. De ce point de vue également, l'expérience spirituelle du serviteur de Dieu Jean-Paul II nous apparaît significative. En contemplant son existence, nous y voyons comme réalisée la promesse de fécondité faite par Dieu à Abraham et à laquelle fait écho la première lecture tirée du livre de la Genèse. On pourrait dire qu'en particulier au cours des années de son pontificat, il a conduit à la foi de nombreux fils et filles. Vous en êtes le signe visible, chers jeunes présents ce soir : vous, jeunes de Rome et vous, jeunes venus de Sydney et de Madrid, pour représenter de façon idéale les foules de jeunes filles et garçons qui ont participé aux 23e Journées mondiales de la jeunesse, de différentes parties du monde. Combien de vocations au sacerdoce et à la vie consacrée, combien de jeunes familles décidées à vivre l'idéal évangélique et à tendre vers la sainteté sont liées au témoignage et à la prédication de mon vénéré prédécesseur ! Combien de jeunes filles et garçons se sont convertis ou ont persévéré sur leur chemin chrétien grâce à sa prière, son encouragement, à son soutien et à son exemple ! C'est vrai ! Jean-Paul II réussissait à transmettre une forte charge d'espérance, fondée sur la foi en Jésus Christ, qui est « le même hier et aujourd'hui, il le sera à jamais » (He 13, 8), comme le dit la devise du grand Jubilé de l'An 2000. En tant que père affectueux et éducateur attentif, il indiquait des points de référence sûrs et solides, indispensables pour tous, en particulier pour les jeunes. Et à l'heure de l'agonie et de la mort, cette nouvelle génération voulut lui montrer qu'elle avait compris ses enseignements, en se recueillant silencieusement en prière Place Saint-Pierre et dans tant d'autres lieux du monde. Les jeunes ressentaient que sa disparition constituait une perte : « leur » pape, qu'ils considéraient comme « leur père » dans la foi, était en train de mourir. Ils ressentaient dans le même temps qu'il leur laissait en héritage son courage et la cohérence de son témoignage. N'avait-il pas souligné à plusieurs reprises le besoin d'une adhésion radicale à l'Evangile, en exhortant les adultes et les jeunes à prendre au sérieux cette responsabilité éducative commune ? Moi aussi, j'ai voulu reprendre cette préoccupation, en m'arrêtant à diverses occasions pour parler de l'urgence éducative qui concerne aujourd'hui toutes les familles, l'Eglise, la société, et en particulier les nouvelles générations. En grandissant, les jeunes ont besoin de personnes qui sachent enseigner à travers leur vie, avant même que par leurs paroles, à se consacrer à des idéaux élevés. Mais où puiser la lumière et la sagesse pour accomplir cette mission qui nous concerne tous dans l'Eglise et dans la société ? Il ne suffit pas, bien sûr, de faire appel aux ressources humaines ; il faut aussi se fier en premier lieu à l'aide divine. « Le Seigneur est fidèle pour toujours » : c'est ainsi que nous avons prié tout à l'heure dans le Psaume responsorial, assurés que Dieu n'abandonne jamais ceux qui lui sont fidèles. C'est ce que rappelle le thème de la 24e Journée mondiale de la jeunesse, qui sera célébrée dans les diocèses dimanche prochain. Celui-ci est tiré de la première Lettre à Timothée de saint Paul : « Nous avons mis notre espérance dans le Dieu vivant » (4, 10). L'apôtre parle au nom de la communauté chrétienne, au nom de ceux qui ont cru dans le Christ et qui sont différents de ceux « qui n'ont pas d'espérance » (1 Th 4, 13), précisément parce qu'au contraire, ils espèrent, c'est-à-dire qu'ils ont confiance en l'avenir, une confiance non pas fondée sur des idées ou des prévisions humaines, mais bien sur Dieu, le « Dieu vivant ». Chers jeunes, on ne peut pas vivre sans espérer. L'expérience montre que chaque chose, et notre vie elle-même, sont menacées, peuvent s'écrouler pour un motif qui nous est propre ou étranger, à tout moment. C'est normal : tout ce qui est humain, et donc même l'espérance, n'a aucun fondement en soi, mais a besoin d'un « roc » auquel s'accrocher. Voilà pourquoi Paul écrit que les chrétiens sont appelés à fonder l'espérance humaine sur le « Dieu vivant ». Ce n'est qu'en Lui qu'elle devient sûre et fiable. Plus encore, Dieu seul qui en Jésus Christ et qui nous a révélé la plénitude de son amour, peut être notre espérance solide. En effet, en Lui, notre espérance, nous avons été sauvés (cf. Rm 8, 24). Toutefois faites attention : dans des moments comme celui-ci, étant donné le contexte culturel et social dans lequel nous vivons, le risque de réduire l'espérance chrétienne à une idéologie, à un slogan de groupe, à un revêtement extérieur, pourrait être plus fort. Rien de plus contraire au message de Jésus ! Il ne veut pas que ses disciples « récitent » un rôle, comme par exemple celui de l'espérance. Il veut qu'ils « soient » l'espérance, et ils ne peuvent l'être que s'ils restent unis à Lui ! Il veut que chacun de vous, chers jeunes amis, soit une petite source d'espérance pour son prochain, et que vous deveniez tous ensemble une oasis d'espérance pour la société au sein de laquelle vous êtes insérés. Or, cela n'est possible qu'à une condition : que vous viviez de Lui et en Lui, à travers la prière et les Sacrements, comme je vous l'ai écrit dans le Message de cette année. Si les paroles du Christ demeurent en nous, nous pouvons diffuser la flamme de l'amour qu'Il a allumée sur terre ; nous pouvons porter haut la flamme de la foi et de l'espérance, avec laquelle nous avançons vers Lui, tandis que nous attendons son retour glorieux à la fin des temps. C'est la flamme que le pape Jean-Paul II nous a laissée en héritage. Il me l'a remise, en tant que son successeur ; et ce soir, je la remets idéalement, une fois de plus, de façon spéciale à vous, jeunes de Rome, afin que vous continuiez à être des sentinelles du matin, veilleurs vigilants et joyeux en cette aube du troisième millénaire. Répondez généreusement à l'appel du Christ ! En particulier, au cours de l'année sacerdotale qui commencera le 19 juin prochain, soyez disponibles, si Jésus vous appelle, à le suivre sur la voie du sacerdoce et de la vie consacrée. « Voici venu le moment favorable ; voici venu le jour du salut ! ». Au chant de l'Evangile, la liturgie nous a exhortés à renouveler à présent, - et chaque instant est un « moment favorable » - notre volonté ferme de suivre le Christ, certains qu'Il est notre salut. Tel est, au fond, le message que nous répète ce soir Jean-Paul II. Tandis que nous confions son âme élue à l'intercession maternelle de la Vierge Marie qu'il a toujours aimée tendrement, nous espérons vivement que du ciel, il ne cesse de nous accompagner et d'intercéder pour nous. Qu'il aide chacun de nous à vivre, comme il l'a fait, en répétant jour après jour à Dieu, à travers Marie et avec une pleine confiance : Totus tuus. Amen ! (Trad. ZF09040309)
ARTICLE: Béatification de Jean Paul II Benoît XVI aux évêquesLettre au sujet de la levée de l'excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre
Chers Confrères dans le ministère épiscopal ! La levée de l’excommunication des quatre Évêques, consacrés en 1988 par Mgr Lefebvre sans mandat du Saint-Siège, a suscité, pour de multiples raisons, au sein et en dehors de l’Église catholique une discussion d’une véhémence telle qu’on n’en avait plus connue depuis très longtemps. Cet événement, survenu à l’improviste et difficile à situer positivement dans les questions et dans les tâches de l’Église d’aujourd’hui, a laissé perplexes de nombreux Évêques. Même si beaucoup d’Évêques et de fidèles étaient disposés, à priori, à considérer positivement la disposition du Pape à la réconciliation, néanmoins la question de l’opportunité d’un tel geste face aux vraies urgences d’une vie de foi à notre époque s’y opposait. Inversement, certains groupes accusaient ouvertement le Pape de vouloir revenir en arrière, au temps d’avant le Concile : d’où le déchaînement d’un flot de protestations, dont l’amertume révélait des blessures remontant au-delà de l’instant présent. C’est pourquoi je suis amené, chers Confrères, à vous fournir quelques éclaircissements, qui doivent aider à comprendre les intentions qui m’ont guidé moi-même ainsi que les organes compétents du Saint-Siège à faire ce pas. J’espère contribuer ainsi à la paix dans l’Église.
Le fait que le cas Williamson se soit superposé à la levée de l’excommunication a été pour moi un incident fâcheux imprévisible. Le geste discret de miséricorde envers quatre Évêques, ordonnés validement mais non légitimement, est apparu tout à coup comme totalement différent : comme le démenti de la réconciliation entre chrétiens et juifs, et donc comme la révocation de ce que le Concile avait clarifié en cette matière pour le cheminement de l’Église. Une invitation à la réconciliation avec un groupe ecclésial impliqué dans un processus de séparation se transforma ainsi en son contraire : un apparent retour en arrière par rapport à tous les pas de réconciliation entre chrétiens et juifs faits à partir du Concile – pas dont le partage et la promotion avaient été dès le début un objectif de mon travail théologique personnel. Que cette superposition de deux processus opposés soit advenue et qu’elle ait troublé un moment la paix entre chrétiens et juifs ainsi que la paix à l’intérieur de l’Église, est une chose que je ne peux que déplorer profondément. Il m’a été dit que suivre avec attention les informations auxquelles on peut accéder par internet aurait permis d’avoir rapidement connaissance du problème. J’en tire la leçon qu’à l’avenir au Saint-Siège nous devrons prêter davantage attention à cette source d’informations. J’ai été peiné du fait que même des catholiques, qui au fond auraient pu mieux savoir ce qu’il en était, aient pensé devoir m’offenser avec une hostilité prête à se manifester. C’est justement pour cela que je remercie d’autant plus les amis juifs qui ont aidé à dissiper rapidement le malentendu et à rétablir l’atmosphère d’amitié et de confiance, qui – comme du temps du Pape Jean-Paul II – comme aussi durant toute la période de mon pontificat a existé et, grâce à Dieu, continue à exister.
Une autre erreur, qui m’attriste sincèrement, réside dans le fait que la portée et les limites de la mesure du 21 janvier 2009 n’ont pas été commentées de façon suffisamment claire au moment de sa publication. L’excommunication touche des personnes, non des institutions. Une ordination épiscopale sans le mandat pontifical signifie le danger d’un schisme, parce qu’elle remet en question l’unité du collège épiscopal avec le Pape. C’est pourquoi l’Église doit réagir par la punition la plus dure, l’excommunication, dans le but d’appeler les personnes punies de cette façon au repentir et au retour à l’unité. Vingt ans après les ordinations, cet objectif n’a malheureusement pas encore été atteint. La levée de l’excommunication vise le même but auquel sert la punition : inviter encore une fois les quatre Évêques au retour. Ce geste était possible une fois que les intéressés avaient exprimé leur reconnaissance de principe du Pape et de son autorité de Pasteur, bien qu’avec des réserves en matière d’obéissance à son autorité doctrinale et à celle du Concile. Je reviens par là à la distinction entre personne et institution. La levée de l’excommunication était une mesure dans le domaine de la discipline ecclésiastique : les personnes étaient libérées du poids de conscience que constitue la punition ecclésiastique la plus grave. Il faut distinguer ce niveau disciplinaire du domaine doctrinal. Le fait que la Fraternité Saint-Pie X n’ait pas de position canonique dans l’Église, ne se base pas en fin de comptes sur des raisons disciplinaires mais doctrinales. Tant que la Fraternité n’a pas une position canonique dans l’Église, ses ministres non plus n’exercent pas de ministères légitimes dans l’Église. Il faut ensuite distinguer entre le niveau disciplinaire, qui concerne les personnes en tant que telles, et le niveau doctrinal où sont en question le ministère et l’institution. Pour le préciser encore une fois : tant que les questions concernant la doctrine ne sont pas éclaircies, la Fraternité n’a aucun statut canonique dans l’Église, et ses ministres – même s’ils ont été libérés de la punition ecclésiastique – n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église.
À la lumière de cette situation, j’ai l’intention de rattacher à l’avenir la Commission pontificale " Ecclesia Dei " – institution compétente, depuis 1988, pour les communautés et les personnes qui, provenant de la Fraternité Saint-Pie X ou de regroupements semblables, veulent revenir à la pleine communion avec le Pape – à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il devient clair ainsi que les problèmes qui doivent être traités à présent sont de nature essentiellement doctrinale et regardent surtout l’acceptation du Concile Vatican II et du magistère post-conciliaire des Papes. Les organismes collégiaux avec lesquels la Congrégation étudie les questions qui se présentent (spécialement la réunion habituelle des Cardinaux le mercredi et l’Assemblé plénière annuelle ou biennale) garantissent l’engagement des Préfets des diverses Congrégations romaines et des représentants de l’Épiscopat mondial dans les décisions à prendre. On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit.
J’espère, chers Confrères, qu’ainsi a été éclaircie la signification positive ainsi que les limites de la mesure du 21 janvier 2009. Cependant demeure à présent la question : cette mesure était-elle nécessaire ? Constituait-elle vraiment une priorité ? N’y a-t-il pas des choses beaucoup plus importantes ? Il y a certainement des choses plus importantes et plus urgentes. Je pense avoir souligné les priorités de mon Pontificat dans les discours que j’ai prononcés à son début. Ce que j’ai dit alors demeure de façon inaltérée ma ligne directive. La première priorité pour le Successeur de Pierre a été fixée sans équivoque par le Seigneur au Cénacle : « Toi… affermis tes frères » (Lc 22, 32). Pierre lui-même a formulé de façon nouvelle cette priorité dans sa première Lettre : « Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous » (I P 3, 15). À notre époque où dans de vastes régions de la terre la foi risque de s’éteindre comme une flamme qui ne trouve plus à s’alimenter, la priorité qui prédomine est de rendre Dieu présent dans ce monde et d’ouvrir aux hommes l’accès à Dieu. Non pas à un dieu quelconque, mais à ce Dieu qui a parlé sur le Sinaï ; à ce Dieu dont nous reconnaissons le visage dans l’amour poussé jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1) – en Jésus Christ crucifié et ressuscité. En ce moment de notre histoire, le vrai problème est que Dieu disparaît de l’horizon des hommes et que tandis que s’éteint la lumière provenant de Dieu, l’humanité manque d’orientation, et les effets destructeurs s’en manifestent toujours plus en son sein.
Conduire les hommes vers Dieu, vers le Dieu qui parle dans la Bible : c’est la priorité suprême et fondamentale de l’Église et du Successeur de Pierre aujourd’hui. D’où découle, comme conséquence logique, que nous devons avoir à cœur l’unité des croyants. En effet, leur discorde, leur opposition interne met en doute la crédibilité de ce qu’ils disent de Dieu. C’est pourquoi l’effort en vue du témoignage commun de foi des chrétiens – par l’œcuménisme – est inclus dans la priorité suprême. À cela s’ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses, vers la source de la Lumière – c’est là le dialogue interreligieux. Qui annonce Dieu comme Amour "jusqu’au bout" doit donner le témoignage de l’amour : se consacrer avec amour à ceux qui souffrent, repousser la haine et l’inimitié – c’est la dimension sociale de la foi chrétienne, dont j’ai parlé dans l’encyclique Deus caritas est.
Si donc l’engagement ardu pour la foi, pour l’espérance et pour l’amour dans le monde constitue en ce moment (et, dans des formes diverses, toujours) la vraie priorité pour l’Église, alors les réconciliations petites et grandes en font aussi partie. Que l’humble geste d’une main tendue soit à l’origine d’un grand tapage, devenant ainsi le contraire d’une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande : Était-il et est-il vraiment erroné d’aller dans ce cas aussi à la rencontre du frère qui "a quelque chose contre toi" (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ? La société civile aussi ne doit-elle pas tenter de prévenir les radicalisations et de réintégrer – autant que possible – leurs éventuels adhérents dans les grandes forces qui façonnent la vie sociale, pour en éviter la ségrégation avec toutes ses conséquences ? Le fait de s’engager à réduire les durcissements et les rétrécissements, pour donner ainsi une place à ce qu’il y a de positif et de récupérable pour l’ensemble, peut-il être totalement erroné ? Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Église commune a fait dépasser des positions unilatérales et a atténué des durcissements de sorte qu’ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble. Une communauté dans laquelle se trouvent 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères, 164 sœurs et des milliers de fidèles peut-elle nous laisser totalement indifférents ? Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations. Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ? Qu’en sera-t-il ensuite ?
Certainement, depuis longtemps, et puis à nouveau en cette occasion concrète, nous avons entendu de la part de représentants de cette communauté beaucoup de choses discordantes – suffisance et présomption, fixation sur des unilatéralismes etc. Par amour de la vérité je dois ajouter que j’ai reçu aussi une série de témoignages émouvants de gratitude, dans lesquels était perceptible une ouverture des cœurs. Mais la grande Église ne devrait-elle pas se permettre d’être aussi généreuse, consciente de la grande envergure qu’elle possède ; consciente de la promesse qui lui a été faite ? Ne devrions-nous pas, comme de bons éducateurs, être aussi capables de ne pas prêter attention à différentes choses qui ne sont pas bonnes et nous préoccuper de sortir des étroitesses ? Et ne devrions-nous pas admettre que dans le milieu ecclésial aussi sont ressorties quelques discordances ? Parfois on a l’impression que notre société a besoin d’un groupe au moins, auquel ne réserver aucune tolérance ; contre lequel pouvoir tranquillement se lancer avec haine. Et si quelqu’un ose s’en rapprocher – dans le cas présent le Pape – il perd lui aussi le droit à la tolérance et peut lui aussi être traité avec haine sans crainte ni réserve.
Chers Confrères, durant les jours où il m’est venu à l’esprit d’écrire cette lettre, par hasard, au Séminaire romain, j’ai dû interpréter et commenter le passage de Ga 5, 13-15. J’ai noté avec surprise la rapidité avec laquelle ces phrases nous parlent du moment présent : "Que cette liberté ne soit pas un prétexte pour satisfaire votre égoïsme ; au contraire mettez-vous, par amour, au service les uns des autres. Car toute la Loi atteint sa perfection dans un seul commandement, et le voici : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres !" J’ai toujours été porté à considérer cette phrase comme une des exagérations rhétoriques qui parfois se trouvent chez saint Paul. Sous certains aspects, il peut en être ainsi. Mais malheureusement ce "mordre et dévorer" existe aussi aujourd’hui dans l’Église comme expression d’une liberté mal interprétée. Est-ce une surprise que nous aussi nous ne soyons pas meilleurs que les Galates ? Que tout au moins nous soyons menacés par les mêmes tentations ? Que nous devions toujours apprendre de nouveau le juste usage de la liberté ? Et que toujours de nouveau nous devions apprendre la priorité suprême : l’amour ? Le jour où j’en ai parlé au grand Séminaire, à Rome, on célébrait la fête de la Vierge de la Confiance. De fait : Marie nous enseigne la confiance. Elle nous conduit à son Fils, auquel nous pouvons tous nous fier. Il nous guidera – même en des temps agités. Je voudrais ainsi remercier de tout cœur tous ces nombreux Évêques, qui en cette période m’ont donné des signes émouvants de confiance et d’affection et surtout m’ont assuré de leur prière. Ce remerciement vaut aussi pour tous les fidèles qui ces jours-ci m’ont donné un témoignage de leur fidélité immuable envers le Successeur de saint Pierre. Que le Seigneur nous protège tous et nous conduise sur le chemin de la paix ! C’est un souhait qui jaillit spontanément du cœur en ce début du Carême, qui est un temps liturgique particulièrement favorable à la purification intérieure et qui nous invite tous à regarder avec une espérance renouvelée vers l’objectif lumineux de Pâques.
Avec une particulière Bénédiction Apostolique, je me redis Vôtre dans le Seigneur
BENEDICTUS PP. XVI 10-mars-2009 Porter sur internet le témoignage de notre foi
La Saint-Siège lance son propre canal officiel sur YouTube
Tandis que le Saint-Siège a lancé hier un canal officiel sur YouTube, la plate-forme de publication de vidéos la plus célèbre au monde, le message du pape Benoît XVI pour la Journée mondiale des communications sociales sur le thème : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Encourager une culture du respect, du dialogue, de l'amitié, a été publié. Voilà le texte :
Chers frères et soeurs,
A l'approche de la Journée mondiale des communications sociales, c'est avec joie que je me tourne vers vous afin de vous faire part de quelques-unes de mes réflexions sur le thème choisi pour cette année : Nouvelles technologies, nouvelles relations. Encourager une culture de respect, de dialogue, d'amitié. En effet, les nouvelles technologies numériques déterminent des changements fondamentaux dans les modèles de communication et dans les rapports humains. Ces changements sont particulièrement évidents parmi les jeunes dont la croissance est étroitement liée à ces nouvelles technologies de communication. Ils se sentent donc à l'aise dans un monde numérique qui, en revanche, semble souvent étranger à certains d'entre nous, adultes, qui avons du apprendre à comprendre et à apprécier les opportunités qu'il offre pour la communication. Dans le message de cette année, je pense en particulier à ceux qui font partie de cette génération dite ‘numérique' : je voudrais partager avec elle certaines idées sur le potentiel extraordinaire des nouvelles technologies lorsqu'elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine. De telles technologies sont un don véritable pour l'humanité : nous devons donc faire en sorte que les avantages qu'elles offrent soient mis au service de tous les êtres humains et de toutes les communautés, particulièrement des plus nécessiteux et des plus vulnérables.
La facilité d'accès aux portables et aux ordinateurs, unie à une portée mondiale et à la capillarité d'Internet, a créé une multiplicité de moyens d'envoyer, de manière instantanée, des mots et des images dans les lieux les plus éloignés et isolés du monde : une possibilité impensable pour les générations précédentes. Les jeunes, en particulier, ont accueilli l'énorme potentiel des nouveaux media pour favoriser la connexion, la communication et la compréhension entre individus et communautés et les utilisent pour communiquer avec leurs amis, pour en rencontrer de nouveaux, pour créer des communautés et des réseaux, pour chercher des informations et des nouvelles, pour partager leurs idées et leurs opinions. Beaucoup d'avantages dérivent de cette nouvelle culture de la communication : les familles peuvent rester en contact même si elles sont séparées par de grandes distances, les étudiants et les chercheurs ont un accès plus facile et plus direct aux documents, aux sources et aux découvertes scientifiques et peuvent, par conséquent, travailler en équipe de lieux différents ; en outre, la nature interactive des nouveaux media facilite des formes plus dynamiques d'apprentissage et de communication, qui contribuent au progrès social.
Bien que ce soit un motif d'émerveillement, la vitesse d'évolution des nouvelles technologies en termes de fiabilité et d'efficacité, leur popularité parmi les usagers ne devraient pas nous surprendre, puisqu'elles répondent au désir fondamental des personnes d'entrer en relation les unes avec les autres. Ce désir de communication et d'amitié est enraciné dans notre nature même d'êtres humains et ne peut être légitimement compris que comme une réponse aux innovations technologiques. À la lumière du message biblique, un tel désir est plutôt à lire comme le reflet de notre participation à l'amour communicatif et unifiant de Dieu, qui veut faire de l'humanité tout entière une seule famille. Lorsque nous ressentons le besoin de nous rapprocher d'autres personnes, lorsque nous voulons mieux les connaître et nous faire connaître, nous répondons à l'appel de Dieu - un appel inhérent à notre nature d'êtres créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, le Dieu de la communication et de la communion.
Le désir de connexion et l'instinct de communication, qui sont ainsi affirmés dans la culture contemporaine, ne sont en vérité que des manifestations modernes de la tendance fondamentale et constante des êtres humains à aller au-delà d'eux-mêmes pour entrer en relation avec les autres. En réalité, lorsque nous nous ouvrons aux autres, nous portons à accomplissement nos besoins les plus profonds et nous devenons plus pleinement humains. Aimer est, en effet, ce pour quoi nous avons été prédisposés par le Créateur. Naturellement, il ne s'agit pas de relations passagères, superficielles ; je parle de l'amour véritable, qui constitue le centre de l'enseignement moral de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force » et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (cf. Mc 12, 30-31). Dans cette lumière, tout en réfléchissant sur le sens des nouvelles technologies, il est important de considérer non seulement leur capacité indubitable à favoriser le contact entre les personnes, mais également la qualité des contenus qu'elles sont appelées à mettre en circulation. Je désire encourager toutes les personnes de bonne volonté, actives dans le monde de la communication numérique, à s'engager à promouvoir une culture du respect, du dialogue, de l'amitié.
Par conséquent, ceux qui travaillent dans le secteur de la production et de la diffusion des contenus des nouveaux media ne peuvent pas ne pas se sentir engagés quant au respect de la dignité et de la valeur de la personne humaine. Si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter le partage de mots et d'images dégradantes pour l'être humain, et exclure ainsi ce qui alimente la haine et l'intolérance, ce qui avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, ce qui exploite les faibles et les personnes sans défense.
Les nouvelles technologies ont aussi ouvert la voie au dialogue entre des personnes de pays, de cultures et de religions différentes. La nouvelle arène numérique, le cyberespace, permet de faire des rencontres et de connaître les valeurs et les traditions des autres. Toutefois, pour être fécondes, de telles rencontres demandent des formes d'expression honnêtes et correctes ainsi qu'une écoute attentive et respectueuse. Le dialogue doit être enraciné dans une recherche sincère et réciproque de la vérité, pour réaliser la promotion du développement dans la compréhension et dans la tolérance. La vie n'est pas qu'une simple succession de faits et d'expériences : elle est plutôt une recherche du vrai, du bien et du beau. C'est précisément dans cet objectif que nous faisons nos choix, que nous exerçons notre liberté et c'est là, c'est-à-dire dans la vérité, le bien et le beau, que nous trouvons le bonheur et la joie. Encore faut-il ne pas se laisser duper par ceux qui cherchent simplement des consommateurs sur un marché aux possibilités indifférenciées, où le choix en lui-même devient le bien, la nouveauté se métamorphose en beauté, l'expérience subjective évince la vérité.
Le concept d'amitié a joui d'une nouvelle relance dans le vocabulaire des réseaux sociaux numériques apparus ces dernières années. Un tel concept est une des conquêtes les plus nobles de la culture humaine. Dans nos amitiés et à travers elles nous grandissons et nous nous développons comme êtres humains. C'est pourquoi l'amitié véritable a toujours été considérée comme une des plus grandes richesses dont dispose l'être humain. Pour cette raison, il faut être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié. Combien il serait triste si notre désir de soutenir et de développer des amitiés on-line se réalisait aux prix de notre disponibilité pour la famille, pour nos proches et pour ceux que l'on rencontre dans la réalité quotidienne, sur notre lieu de travail, à l'école, pendant le temps libre. En effet, lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessionnel, la conséquence est que la personne s'isole, interrompant une réelle interaction sociale. Cela finit même par déranger les temps de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un sain développement humain.
L'amitié est un grand bien humain, mais elle serait vidée de sa valeur, si elle était considérée comme une fin en soi. Les amis doivent se soutenir et s'encourager les uns les autres pour développer leurs dons et leurs talents et les mettre au service de la communauté humaine. Dans ce contexte, il est gratifiant de voir l'émergence de nouveaux réseaux numériques qui cherchent à encourager la solidarité humaine, la paix et la justice, les droits de l'homme et le respect pour la vie et le bien de la création. Ces réseaux peuvent faciliter des formes de coopération entre des peuples de contextes géographiques et culturels différents, en leur permettant d'approfondir leur humanité commune et le sens de la coresponsabilité pour le bien de tous. Il faut toutefois se préoccuper de faire en sorte que le monde numérique, où de tels réseaux peuvent être établis, soit un monde vraiment accessible à tous. Quel grave préjudice pour l'avenir de l'humanité, si les nouveaux moyens de communication, qui permettent de partager des connaissances et des informations de manière plus rapide et efficace, n'étaient pas accessibles à ceux qui sont déjà économiquement et socialement marginalisés ou s'ils contribuaient seulement à creuser l'écart qui sépare les pauvres des nouveaux réseaux qui se développent au service de l'information et de la socialisation humaine.
Je voudrais conclure ce message en me tournant, en particulier, vers les JEUNES CATHOLIQUES, pour les exhorter à porter au monde numérique le témoignage de leur foi. Très chers jeunes, engagez-vous à introduire dans la culture de ce nouveau domaine de la communication et de l'information les valeurs sur lesquelles votre vie repose ! Dans les premiers temps de l'Église, les apôtres et leurs disciples ont apporté la Bonne Nouvelle de Jésus dans le monde gréco-romain : comme alors, l'évangélisation, pour être féconde, requit la compréhension attentive de la culture et des coutumes de ces peuples païens dans le but d'en toucher les esprits et les cœurs ; aujourd'hui aussi, l'annonce du Christ dans le monde des nouvelles technologies en suppose une connaissance approfondie pour une utilisation conséquente et adaptée.
À vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, vous revient en particulier le devoir d'évangélisation de ce « continent numérique ». Sachez prendre en charge avec enthousiasme l'annonce de l'Evangile à vos contemporains ! Vous connaissez leurs craintes et leurs espoirs, leurs enthousiasmes et leurs déceptions : le don le plus précieux que vous puissiez leur faire est de partager avec eux la « Bonne Nouvelle » d'un Dieu qui s'est fait homme, qui a souffert, qui est mort et qui est ressuscité pour sauver l'humanité. Le coeur humain aspire à un monde où règne l'amour, où les dons soient partagés, où soit édifiée l'unité, où la liberté trouve son sens dans la vérité et où l'identité de chacun soit réalisée dans une communion respectueuse. La foi peut donner une réponse à ces attentes : soyez-en les hérauts ! Le pape est à vos côtés à travers sa prière et sa bénédiction.
Du Vatican, le 24 janvier 2009
BENEDICTUS PP. XVI
Bénédiction Urbi et OrbiMessage de Noël du Saint-Père et Bénédiction “URBI ET ORBI” 25 décembre 2008 – Midi. De la Loggia della Benedizione, le Pape Benoît XVI a adressé le traditionnel Message de Noël aux fidèles massés sur la Place Saint-Pierre, au Vatican, et à tous ceux qui l’ont écouté de part le monde. Le Pape a lancé de vibrants appels pour la paix. Voici le texte du message de Benoît XVI prononcé le jour de Noël 2008.
« Apparuit gratia Dei Salvatoris nostri omnibus hominibus » (Tt 2, 11)
Chers frères et Sœurs, par les paroles de l’apôtre Paul, je renouvelle la joyeuse annonce de la naissance du Christ : oui, aujourd’hui, « la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes » ! Elle s’est manifestée ! C’est ce que l’Église célèbre aujourd’hui. La grâce de Dieu, riche en bonté et en tendresse, n’est plus cachée, mais « elle s’est manifestée », elle s’est manifestée dans la chair, elle a montré son visage. Où ? À Bethléem. Quand ? Sous César Auguste, durant le premier recensement, auquel fait même allusion l’évangéliste Luc. Et qui est celui qui la révèle ? Un nouveau-né, le Fils de la Vierge Marie. En Lui s’est manifestée la grâce de Dieu notre Sauveur. C’est pourquoi cet Enfant s’appelle Jehoshua, Jésus, ce qui signifie « Dieu sauve ».
La grâce de Dieu s’est manifestée : voilà pourquoi Noël est une fête de lumière. Non pas une lumière totale, comme celle qui enveloppe toute chose en plein jour, mais une clarté qui s’allume dans la nuit et se répand à partir d’un point précis de l’univers : de la grotte de Bethléem, où l’Enfant-Dieu est « venu au jour ». En réalité, c’est Lui la lumière même qui se propage, comme le représentent bien de nombreux tableaux de la Nativité. Il est la lumière, qui en apparaissant dissout la brume, rompt les ténèbres et nous permet de comprendre le sens et la valeur de notre existence et de l’histoire. Chaque crèche est une invitation simple et éloquente à ouvrir notre cœur et notre esprit au mystère de la vie. Elle est une rencontre avec la Vie immortelle, qui s’est faite mortelle dans la scène mystique de Noël ; une scène que nous pouvons admirer ici aussi, sur cette place, comme en d’innombrables églises et chapelles du monde entier, et dans toutes les maisons où le nom de Jésus est adoré.
La grâce de Dieu s’est manifestée à tous les hommes. Oui, Jésus, le visage du Dieu-qui-sauve, ne s’est pas manifesté seulement pour quelques-uns, pour certains, mais pour tous. C’est vrai que, dans l’humble et austère demeure de Bethléem, peu de personnes l’ont rencontré, mais Lui est venu pour tous : juifs et païens, riches et pauvres, proches et lointains, croyants et non croyants... tous. La grâce surnaturelle, par la volonté de Dieu, est destinée à toute créature. Il faut cependant que l’être humain l’accueille, prononce son « oui », comme Marie, afin que son cœur soit illuminé par un rayon de cette lumière divine. Ceux qui accueillirent le Verbe incarné, cette nuit-là, ce furent Marie et Joseph qui l’attendaient avec amour et les bergers qui veillaient auprès de leurs troupeaux (cf. Lc 2, 1-20). Une petite communauté, donc, accourue pour adorer l’enfant Jésus ; une petite communauté qui représente l’Église et tous les hommes de bonne volonté. Aujourd’hui encore, ceux qui dans la vie L’attendent et Le cherchent rencontrent le Dieu qui, par amour, s’est fait notre frère ; tous ceux qui ont le cœur tendu vers Lui, désirent connaître son visage et contribuer à l’avènement de son Règne. Jésus lui-même le dira dans sa prédication : ce sont les pauvres de cœur, les affligés, les doux, les affamés de justice, les miséricordieux, les purs de cœur, les artisans de paix, les persécutés pour la justice (cf. Mt 5, 3-10). Ce sont eux qui reconnaissent en Jésus le visage de Dieu et repartent, comme les bergers de Bethléem, avec un cœur renouvelé par la joie de son amour.
Frères et Sœurs qui m’écoutez, c’est à tous les hommes qu’est destinée l’annonce d’espérance qui constitue le cœur du message de Noël. Jésus est né pour tous et, comme à Bethléem Marie l’offrit au regard des bergers, en ce jour, l’Église le présente à l’humanité entière, afin que toute personne et toute situation humaine, puisse faire l’expérience de la puissance de la grâce salvatrice de Dieu, qui, seule, peut transformer le mal en bien, qui, seule, peut changer le cœur de l’homme et en faire une « oasis » de paix.
Puissent les nombreuses populations qui vivent encore dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort (cf. Lc 1, 79), faire l’expérience de la puissance de la grâce salvatrice de Dieu ! Que la lumière divine de Bethléem se répande en Terre Sainte, où l’horizon semble redevenir sombre pour les Israéliens et les Palestiniens ; qu’elle se répande au Liban, en Irak et partout au Moyen-Orient. Qu’elle féconde les efforts de tous ceux qui ne se résignent pas à la logique perverse de l’affrontement et de la violence et qui privilégient au contraire la voie du dialogue et de la négociation, pour apaiser les tensions internes à chaque pays et trouver des solutions justes et durables aux conflits qui tourmentent la région. C’est à cette lumière qui transforme et renouvelle qu’aspirent les habitants du Zimbabwe, en Afrique, pris depuis trop de temps dans l’étreinte d’une crise politique et sociale qui, malheureusement, continue de s’aggraver, comme aussi les hommes et les femmes de la République Démocratique du Congo, spécialement dans la région tourmentée du Kivu, et encore du Darfour, au Soudan, et de la Somalie, dont les souffrances interminables sont une tragique conséquence de l’absence de stabilité et de paix. Cette lumière, ce sont surtout les enfants de ces pays et de tous les pays en difficulté qui l’attendent, afin qu’une espérance soit rendue à leur avenir.
Là où la dignité et les droits de la personne humaine sont piétinés ; là où les égoïsmes personnels ou de groupe prévalent sur le bien commun ; là où l’on risque de s’habituer à la haine fratricide et à l’exploitation de l’homme par l’homme ; là où des luttes intestines divisent groupes et ethnies et déchirent la vie en commun ; là où le terrorisme continue à frapper ; là où manque le nécessaire pour survivre ; là où l’on regarde avec appréhension vers un avenir qui devient toujours plus incertain, même dans les Nations qui sont dans l’aisance : que là resplendisse la Lumière de Noël et qu’elle encourage chacun à faire son propre devoir, dans un esprit d’authentique solidarité. Si chacun pense uniquement à ses propres intérêts, le monde ne peut qu’aller à sa ruine.
Chers frères et Sœurs, aujourd’hui « la grâce de Dieu Sauveur s’est manifestée » (cf. Tt 2, 11), dans notre monde, qui a ses potentialités et ses faiblesses, ses progrès et ses crises, ses espoirs et ses angoisses. Aujourd’hui, resplendit la lumière de Jésus Christ, Fils du Très-Haut et fils de la Vierge Marie : « Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu. Pour nous les hommes et pour notre salut, il descendit du ciel ». Nous l’adorons en ce jour, en tous les coins de la terre, emmailloté et déposé dans une pauvre mangeoire. Nous l’adorons en silence tandis que Lui, encore bébé, semble nous dire pour notre consolation : N’ayez pas peur ! « C’est moi qui suis Dieu, il n’y en a pas d’autre » (Is 45, 22). Venez à moi, hommes et femmes, peuples et nations, venez à moi, ne craignez pas : je suis venu vous apporter l’amour du Père, vous montrer le chemin de la paix.
Allons, donc, frères ! Pressons-nous, comme les bergers dans la nuit de Bethléem. Dieu est venu à notre rencontre et nous a montré son visage, riche en grâce et en miséricorde ! Que sa venue ne soit pas vaine pour nous ! Cherchons Jésus, laissons-nous attirer par sa lumière, qui efface du cœur de l’homme la tristesse et la peur ; approchons-nous avec confiance ; prosternons-nous avec humilité, pour l’adorer. Bon Noël à tous !
Benoît XVI La Parole de DieuBenoît XVI clôture le synode sur la Parole
Le 27 octobre 2008 - Dimanche, une messe célébrée par le pape Benoît XVI en la Basilique Saint-Pierre a clôt la XIIème Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques. Du 5 au 26 octobre, à Rome, le Synode a rassemblé 253 pères, des auditeurs et des experts. Les évêques ont présenté au pape une liste de 55 propositions, fruit de leur réflexion sur le thème de « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Église ». Six Français étaient présents, certains élus par leurs pays (cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, Mgr Pierre-Marie Carré, évêque d'Albi, Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, et Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers), les autres nommés par le pape (cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, et le cardinal Albert Vanhoye, s.j.) Dans son Homélie, le pape a souligné le lien entre Parole et liturgie, puis insisté sur la nécessité de traduire la Parole en actes. Benoît XVI est libre de suivre ou non les propositions des évêques. Elles lui serviront pour écrire l'exhortation post-synodale. On y recommande notamment que chaque famille possède sa Bible (N°20). Il y est question de sa « lecture orante » (N°22). Les prêtres sont invités à prêcher « avec conviction et passion » (N°15). Marie y est citée en modèle de l'accueil de la Parole de Dieu (N°55). Le danger d'une lecture fondamentaliste de la Bible qui entraîne des dérives sectaires, la dimension œcuménique et interreligieuse de la Bible ont été soulignés à plusieurs reprises au cours du Synode. Sur le site Internet de son diocèse, Mgr Francis Deniau, évêque de Nevers, conclut pour sa part : « La Parole de Dieu, c'est d'abord la personne du Christ, Parole faite chair selon l'évangile de Jean (1,14). C'est aussi la Bible, dont le Christ fait l'unité, la Bible non pas comme une lettre morte, mais comme une parole vivante, portée par l'Église et par sa vie, et aujourd'hui entendue comme une parole actuelle adressée aux Églises et à chacune ou chacun de nous ». La 12ème assemblée générale ordinaire du Synode des évêques s’est achevée dimanche par une messe présidée par le Pape en la Basilique Saint-Pierre, à Rome (h2onews)Regarder la vidéo ►Le Cardinal Barbarin et les propositions du Synode Tous les documents cliquant ici Vocation de la femme« Les femmes au service de l'Evangile » Audience Générale de BENOÎT XVI (14 février 2007)
Chers frères et sœurs, Nous sommes parvenus aujourd'hui au terme de notre parcours parmi les témoins des débuts du christianisme que mentionnent les écrits néo-testamentaires. Et au cours de la dernière étape de ce premier parcours, nous consacrerons notre attention aux nombreuses figures de femmes qui ont accompli un rôle efficace et précieux dans la diffusion de l'Evangile. Leur témoignage ne peut être oublié, conformément à ce que Jésus lui-même dit de la femme qui lui versa de huile sur la tête, peu avant la Passion: "En vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé cet Evangile, dans le monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu'elle vient de faire" (Mt 26, 13; Mc 14, 9). Le Seigneur veut que ces témoins de l'Evangile, ces figures qui ont apporté une contribution afin de faire croître la foi en Lui, soient connues et que leur mémoire soit vivante dans l'Eglise. Sur le plan historique, nous pouvons distinguer le rôle des femmes dans le christianisme des origines, au cours de la vie terrestre de Jésus et au cours des événements de la première génération chrétienne. Bien sûr, comme nous le savons, Jésus choisit parmi ses disciples douze hommes comme Pères de la nouvelle Israël; il les choisit pour "être ses compagnons et pour les envoyer prêcher" (Mc 3, 14-15). Ce fait est évident mais, outre les Douze, piliers de l'Eglise, pères du nouveau Peuple de Dieu, de nombreuses femmes sont également choisies au nombre des disciples. Je n'évoquerai que très brièvement celles qui se trouvent sur le chemin de Jésus lui-même, en commençant par la prophétesse Anne (cf. Lc 2, 36-38) jusqu'à la Samaritaine (cf. Jn 4, 1-39), à la femme syrophénicienne (cf. Mc 7, 24-30), à l'hémorroïsse (cf. Mt 9, 20-22) et à la pécheresse pardonnée (cf. Lc 7, 36-50). Je ne me réfère pas non plus aux protagonistes de certaines paraboles efficaces, par exemple la femme qui fait le pain (Mt 13, 33), la femme qui perd une drachme (Lc 15, 8-10), la veuve qui importune le juge (Lc 18, 1-8). Les femmes qui ont joué un rôle actif dans le cadre de la mission de Jésus sont plus importantes pour notre réflexion. En premier lieu, ma pensée se tourne naturellement vers la Vierge Marie, qui à travers sa foi et son oeuvre maternelle, collabora de façon unique à notre Rédemption, au point qu'Elisabeth put la proclamer "bénie entre les femmes" (Lc 1, 42), en ajoutant "bienheureuse celle qui a cru" (Lc 1, 45). Devenue disciple du Fils, Marie manifesta à Cana une entière confiance en Lui (cf. Jn 2, 5) et le suivit jusque sous la Croix, où elle reçut de Lui une mission maternelle pour tous ses disciples de tout temps, représentés par Jean (cf. Jn 19, 25-27). Viennent ensuite différentes femmes qui, à titre divers, gravitent autour de la figure de Jésus en ayant des fonctions de responsabilité. Un exemple éloquent est représenté par les femmes qui suivaient Jésus pour l'assister de leurs biens, et dont Luc nous transmet certains noms: Marie de Magdala, Jeanne, Suzanne et "plusieurs autres" (cf. Lc 8, 2-3). Puis, les Evangiles nous informent que les femmes, à la différence des Douze, n'abandonnèrent pas Jésus à l'heure de la Passion (cf. Mt 27, 56.61; Mc 15, 40). Parmi elles ressort en particulier Marie-Madeleine, qui non seulement assista à la Passion, mais fut également la première à témoigner et à annoncer le Ressuscité (cf. 20, 1. 11-18). C'est précisément à Marie de Magdala que saint Thomas d'Aquin réserve le qualificatif particulier d'"apôtre des apôtres" (apostolorum apostola), lui consacrant ce beau commentaire: "De même qu'une femme avait annoncé au premier homme des paroles de mort, ainsi, une femme annonça en premier aux apôtres des paroles de vie" (Super Ioannem, ed. Cai, 2519). Dans le domaine de l'Eglise des débuts également, la présence des femmes n'est absolument pas secondaire. Nous n'insistons pas sur les quatre filles non nommées du "diacre" Philippe, résidant à Cesarée Marittime, et toutes dotées, comme nous le dit saint Luc, du "don de prophétie", c'est-à-dire de la faculté d'intervenir publiquement sous l'action de l'Esprit Saint (cf. Ac 21, 9). La brièveté de l'information ne nous permet pas de déductions plus précises. Nous devons plutôt à saint Paul une plus ample documentation sur la dignité et sur le rôle ecclésial de la femme. Il part du principe fondamental selon lequel pour les baptisés, non seulement "il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre", mais également "il n'y a ni homme ni femme". La raison est que "tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus" (Ga 3, 28), c'est-à-dire que tous sont unis par la même dignité fondamentale, bien que chacun soit doté de fonctions spécifiques (cf. 1 Co 12, 27-30). L'apôtre admet comme quelque chose de normal que dans la communauté chrétienne, la femme puisse "prophétiser" (1 Co 11, 5), c'est-à-dire se prononcer ouvertement sous l'influence de l'Esprit, du moment que cela soit pour l'édification de la communauté et fait avec dignité. C'est pourquoi la célèbre exhortation suivante, à ce que "les femmes gardent le silence dans les assemblées" (1 Co 14, 34) doit être plutôt relativisée. Nous laissons aux exégètes le problème, très débattu, qui en découle, de la relation apparemment contradictoire, entre la première affirmation - les femmes peuvent prophétiser dans l'assemblée - et la seconde - les femmes ne peuvent pas parler. Ce n'est pas ici qu'il doit être débattu. Mercredi dernier nous avons déjà rencontré la figure de Prisca ou Priscille, femme d'Aquilas, qui dans deux cas, de manière surprenante, est mentionnée avant son mari (cf. Ac 18, 18; Rm 16, 3): l'une et l'autre sont cependant explicitement qualifiés par Paul comme ses sun-ergoús "collaborateurs" (Rm 16, 3). Certains autres faits ne peuvent pas être négligés. Il faut prendre acte, par exemple, que la brève Lettre à Philémon est en réalité également adressée par Paul à une femme appelée "Apphia" (cf. Ph 2). Des traductions latines et syriaques du texte grec ajoutent à ce nom "Apphia", l'appellation de "soror carissima" (ibid.), et l'on doit dire que dans la communauté de Colosse, celle-ci devait occuper une place importante; quoi qu'il en soit, c'est l'unique femme mentionnée par Paul parmi les destinataires d'une de ses lettres. Ailleurs, l'Apôtre mentionne une certaine "Phébée", qualifiée comme diákonos de l'Eglise de Cencrées, petite ville portuaire située à l'est de Corinthe (cf. Rm 16, 1-2). Bien que le titre, à cette époque, n'ait pas encore de valeur ministérielle spécifique de type hiérarchique, il exprime un véritable exercice de responsabilité de la part de cette femme en faveur de cette communauté chrétienne. Paul recommande de la recevoir cordialement et de l'assister "en toute affaire où elle ait besoin", puis il ajoute: "car elle a pris soin de beaucoup de gens, et de moi aussi". Dans le même contexte épistolaire, l'Apôtre rappelle avec des accents délicats d'autres noms de femmes: une certaine Marie, puis Tryphène, Tryphose et la "très chère" Persis, en plus de Julie, dont il écrit ouvertement qu'elles se sont "donné beaucoup de peine dans le Seigneur" ou "qui se donnent de la peine dans le Seigneur" (Rm 16, 6.12a.12b.15), soulignant ainsi leur profond engagement ecclésial. Dans l'Eglise de Philippes se distinguèrent ensuite deux femmes appelées "Evodie et Syntykhé" (Ph 4, 2): le rappel que Paul fait de leur concorde réciproque laisse entendre que les deux femmes assuraient une fonction importante au sein de cette communauté. En somme, l'histoire du christianisme aurait eu un développement bien différent s'il n'y avait pas eu le généreux apport de nombreuses femmes. C'est pourquoi, comme l'écrivit mon cher prédécesseur Jean-Paul II dans la Lettre apostolique Mulieris dignitatem, "L'Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d'elles... L'Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du "génie" féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine" (n. 31). Comme on le voit, l'éloge concerne les femmes au cours de l'histoire de l'Eglise et il est exprimé au nom de la communauté ecclésiale tout entière. Nous nous unissons nous aussi à cette appréciation en rendant grâce au Seigneur, car Il conduit son Eglise, génération après génération, en s'appuyant indistinctement sur des hommes et des femmes, qui savent faire fructifier leur foi et leur baptême pour le bien du Corps ecclésial tout entier, pour la plus grande gloire de Dieu. Congrès International "De l'huile sur les blessures" (Rome 4-5 avril 2008)
Benoît XVI : "Les hommes et les femmes de nos jours se trouvent parfois dépouillés et blessés, souvent sans que personne n'écoute leur appel à l'aide et ne s'approche de leur peine, pour la soulager et l'apaiser"
Les participants à l'audience
Le divorce et l'avortement représentent déjà en soi de très graves « plaies » pour la société moderne, mais le fait que personne, par une sorte de « conjuration du silence » déterminée par des raisons idéologiques, ne parle des traumatismes et des souffrances que la rupture des mariages et des interruptions de grossesse provoquent, rend cette situation encore plus dramatique. C'est ce qu'a dénoncé fermement le pape Benoît XVI qui a reçu au Vatican, 300 participants au congrès international intitulé "Du baume sur les blessures", en réponse aux plaies de l'avortement et du divorce, promu par l'Institut pontifical Jean-Paul II d'études sur le mariage et la famille, et en collaboration avec les Chevaliers de Colomb. Le divorce et l'avortement, a dit le pape, représentent des « choix de par leur nature certes différents, parfois mûris dans des circonstances difficiles et dramatiques » mais qui ont en commun, la conséquence de provoquer « en ceux qui les vivent » de véritables « traumatismes » et des « profondes souffrances » dans les personnes et dans les familles impliquées.
Texte intégral du discours du Saint Père Regarder la vidéo en italien ou en français Sources : www.vatican.va - E.S.M. Anniversaire de la mort de Jean Paul IILe pape Benoît XVI rend hommage à Jean Paul II
2 avril 2008
![]() Des dizaines de milliers de fidèles en particulier de très nombreux jeunes se sont rassemblés place Saint Pierre en ce jour anniversaire de la mort de Jean Paul II; c'était un samedi, veille de le fête de la Miséricorde Divine et après les premières vêpres de cette fête qu'il avait lui-même instituée, notamment en canonisant sœur Faustine. La messe est célébrée par son successeur le pape Benoît XVI en suffrage du défunt pape Jean Paul II. Regarder la vidéo en italien
News« Le Pape demande aux étudiants d’être des témoins de l’Évangile » Chers jeunes étudiants universitaires,
A la fin de cette veillée mariale, j'adresse avec une grande joie mes salutations à vous tous ici présents et à tous ceux qui participent à la prière grâce aux liaisons par satellite. Je salue avec reconnaissance, les vénérés cardinaux, les évêques, tout particulièrement ceux qui ont présidé la récitation du rosaire dans les endroits comme, Avignon en France, Tolède en Espagne, Aparecida au Brésil, Loja en Equateur, Naples en Italie, La Havane à Cuba, Mexico au Mexique, Bucarest en Roumanie, Washington aux USA et Minsk en Biélorussie.
Chers amis réunis à Avignon, l’Europe a besoin de la jeunesse de l’esprit dont vous êtes porteurs et que vous, jeunes chrétiens, pouvez lui donner, en vous efforçant de vivre vraiment l’Évangile. Cela constituera pour tous un témoignage. C’est ce que je vous souhaite de tout cœur.
S.S. Benoît XVI
Texte intégral du discours du Saint-Père
Les photos vous pouvez déjà les retrouver sur le blog du Forum : http://forumpape-univavignon.spaces.live.com
Vidéo en TV France 3, Dimanche 2 et radio vaticana
BENOÎT XVI écrit sa deuxième encycliqueBénédicte Esnault en collaboration avec la CEF
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