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Les photos !!!ZOOM....
Ecole de la Mission avec le Père François-Marie Léthel
Dimanche 8 novembre 2009
Dans l’Ecole de la Mission du mois de Novembre, nous avons eu la joie d’avoir parmi nous le Père François-Marie LETHEL, carme français qui habite à Rome, dimanche 8 novembre, pour nous parler de Thérèse de l’Enfant-Jésus. Nous sommes tous partis pleins d’amour du Christ et avec une grande joie dans nos cœurs. Nous remercions le Seigneur pour cela et nous remercions le Père Léthel, d’abord, et vous tous, vous qui avez collaboré à organiser cette journée : liturgie (laudes, messe...), repas (la salle à manger... quelle beauté accueillante !!), nettoyage, photos, accueil à la maison diocésaine, etc. etc. etc.
Vous pouvez trouver les photos de la journée en cliquant ici.
Et n’oubliez pas que Thérèse nous accompagne dans ce chemin de chaque jour... !!! Vous ne pouvez pas rater cela !!
DIMANCHE 8 NOVEMBRE
Le Père François-Marie Lethel, spécialiste de la théologie des saints nous enthousiasmera avec Thérèse de l’Enfant-Jésus :
« L’Amour du Christ chez Thérèse de l’Enfant Jésus »
Maison Diocésaine
8 Novembre 2009 9h30-16h00 Entrée Libre. Inscription avant le 6 Novembre. (Repas tiré du sac) Contact : Ecole de la Mission Saint Paul (FMDD) 06 25 29 63 51 Samedi 21 Novembre 2009Ecole de la Mission Saint Paul 2ème rencontre 2009-10
Une occasion de se retrouver une fois par mois pour prier ensemble et recevoir une formation spirituelle et missionnaire pour mieux aimer tous ceux que Dieu nous confie.
Programme *Mission *Enseignement *Témoignages *Partage *Ecole adaptée aux tous petits ...
Lieu Eglise St Agricol
Date Samedi 21 novembre 2009
Horaire 14h00 : Enseignement + Oraison (chez FMDD) + Partage 16h30 : Adoration et rencontres de rue 17h30 : Messe animée par les jeunes Ictus et les enfants de l’Ecole de la Mission 18h45 : Parcours artistique - kérygmatique
Contact Tel: 04 90 82 17 87 10-19 juilletFESTIVAL d’AVIGNON 2009 Famille Missionnaire Dialogue de Dieu « La Beauté, Chemin vers l’Invisible » EGLISE SAINT AGRICOL 10-19 juillet
« Ce monde dans lequel nous vivons a besoin de beauté pour ne pas sombrer dans la désespérance. Un nombre infini de fois, une vibration de ce sentiment s’est réfléchie dans les regards avec lesquels, comme les artistes de tous les temps, fascinés et pleins d’admiration devant le pouvoir mystérieux des sons et des paroles, des couleurs et des formes, vous avez contemplé l’œuvre de votre inspiration, y percevant comme l’écho du mystère de la Création, auquel Dieu, seul créateur de toutes choses, a voulu en quelque sorte vous associer » Jean-Paul II aux qrtistes ________________ Nous sommes habités par le désir de susciter de témoins du Dieu Vivant au coeur du monde, persuadés qu’il y a quelque chose de saint, de divin, qui se cache dans toutes les réalités humaines, voulues par Dieu et assumées par le Christ dans l’Incarnation. C’est à chacun d’entre nous qu’il appartient de le découvrir. FMDD
Programme Eglise Saint Agricol – Plan
Du 10 au 12 juillet 18h-24h : Présence, prière et rencontres
Du 13 au 18 juillet 18h-24h : Présence, prière et rencontres 18h : Parcours découverte de l’Église (durée approximative 1 heure) 22h30-24h00 : Veillée de la lumière
Pendant les heures d'ouverture a lieu l'adoration du Saint Sacrement Lieu: la Chapelle de la Vierge (Chapelle de Brantes)
Renseignements Tel : 04 90 82 17 87/06 17 41 55 49
Plus d’info : http://diocese-avignon.fr/spip/-Programme Ecole de la Mission Saint PaulMission de la Famille Missionnaire Dialogue de Dieu à Pertuis Samedi 14 mars 2009 A l’invitation de la paroisse de Pertuis et de son curé le Père Marc Langello, nous vous proposons une journée de prière, fraternité, mission et de partage spirituel, sur le thème «Connaitre le Christ et être connus par Lui : chemin vers l’autre ».
15h45 : Partage en groupe Allez donc! : de toutes les nations faites des disciples ! (Mt 28, 19-20)
« Il est urgent de parler du Christ autour de vous ! »
Lors de sa visite en France, sur le parvis Jean Paul II de Notre Dame de Paris, BENOIT XIV s'adressait AUX JEUNES en leur parlant de l'amour :
« Tous, vous cherchez à aimer et à être aimés ! C'est vers Dieu que vous devez vous tourner pour apprendre à aimer et pour avoir la force d'aimer. »
Il nous a clairement et fortement encouragés à évangéliser : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins. L'Esprit Saint vous pousse à témoigner. Il est urgent de parler du Christ autour de vous, à vos familles et à vos amis, sur vos lieux d'études, de travail ou de loisirs. N'ayez pas peur ! ».
Crise des années 70-90De la nécessité d'en tirer toutes les leçons ! Par Alex et Maud Lauriot-Prévost France Catholique- samedi 3 janvier 2009 L’Eglise en France à vécu une grave crise durant les années 70-90, sans en avoir vraiment analysé en profondeur les causes qui lui sont propres. Certains veulent pourtant déjà clore un débat qui s’ouvre à peine. Même si la question est sensible, il apparaît au contraire utile de tenter d’en tirer les leçons afin de ne pas réitérer les erreurs commises. Un travail collectif de relecture et de discernement ne peut donc que porter un fruit utile pour construire l’avenir. Dans un article récent , un de nos évêques tente d’ouvrir comme une sorte de contre-feu pour couper court à des analyses de plus en plus nombreuses qui cherchent aujourd’hui à décrypter les raisons de la crise profonde qu’a traversée l'Église durant les années 70-90 et particulièrement en France. Etonnante et surprenante tentative de certains de dédouaner dores et déjà de toute responsabilité la génération aux commandes pastorales de ces 20-30 années très critiques. Cela illustre combien la question est sensible dans notre pays, alors qu’à Rome ou dans d’autres pays, ce travail a déjà été largement entamé. N’est-il donc pas nécessaire de se poser deux questions très simples pour camper ce débat que nous souhaitons avec bien d’autres voir se développer : « pourquoi en est-on arrivé là ? » et surtout « quelles leçons en tirer pour la conduite pastorale de l’Eglise aujourd’hui et demain ? ». Que l’Eglise de France ne ferme pas le ban avant qu'il ne soit ouvert ! Même si les historiens ou les théologiens de demain ne manqueront pas de répondre très librement à ces questions, il nous semble dès à présent très sain et opportun pour l'Église de France de réaliser un premier discernement sans langue de buis sur cette période difficile, dont nous payons aujourd’hui tout le prix pastoral et communautaire, tant la désertion ecclésiale a été massive durant toutes ces années : parents d’enfants et de petits-enfants devenus incroyants, ou membres d’une génération baptismale dont la grande majorité ne connaît pas le Christ, il est logique qu’un certain nombre réclame aujourd'hui un vrai ‘droit d'inventaire’. Il est aussi compréhensible que d’autres attribuent les errements douloureux de cette période aux seules difficultés du moment, craignent d’ouvrir un débat finalement stérile et diviseur alors que l’Eglise de France semble aujourd’hui relever la tête, ou pressentent avec plus ou moins d’inquiétude ce qui pourrait effectivement sortir d’imprévisible d’une analyse approfondie. Arguments pertinents qu’il faut selon nous écouter : il ne s'agit donc nullement de trouver des boucs émissaires, mais de tirer avant tout pour l'avenir toutes les leçons théologiques, pastorales et spirituelles de cette crise sans précédent. Pour affronter lucidement et efficacement les défis de l’Eglise du XXI° siècle, il nous semble ni sérieux, ni responsable au plan pastoral et spirituel d'imputer aussi facilement toutes les difficultés rencontrées au seul sécularisme extérieur ou à l'esprit du monde moderne. De grâce donc ! Que l’Eglise de France ne ferme pas le ban avant qu'il ne soit ouvert ! C'est trop important pour les générations présentes et futures afin de leur permettre de mieux construire l’avenir ecclésial à la suite du Christ. Pour nourrir notre réflexionRedécouvrir l'Eglise grâce à Saint PaulMgr. François Duthel 13/12/2008
Par ses lettres, Paul nous découvre le visage de l’Eglise primitive, matrice de toutes les communautés ecclésiales ultérieures. Les premières communautés, notamment la communauté de Jérusalem réunie autour de Marie et des Apôtres (cf. Actes 1, 13-14 ; 2, 42-46 ; 4, 32-35), sont en effet le modèle et l’exemple de toutes les communautés chrétiennes de tous les lieux et de tous les temps, parce qu’elles sont aux origines et qu’elles sont proches de l’événement qui leur a donné naissance. La première communauté se retrouve d’ailleurs dans la chambre haute, au Cénacle, là où Jésus a célébré la Cène au soir de sa vie avec les Apôtres. Ces communautés primitives sont un pont entre le Christ et les communautés de toutes les générations. C’est par elles que nous accédons au Christ. En lisant les lettres de Paul et les Actes des Apôtres, chacun peut découvrir le visage du Christ et le visage de l’Eglise, Eglise une et Eglise aux multiples visages. A peine converti, Paul, qui avait combattu l’Eglise, est envoyé auprès de la communauté de Damas, et accueilli par elle. Il va y faire l’expérience de ce qu’est la vie fraternelle. Le persécuteur devient un frère pour les frères de Damas. En entrant dans l’Eglise, il découvre la grandeur de l’amour chrétien, de l’amour fraternel à l’image de l’amour du Christ, un amour qui va jusqu’au pardon. Car l’on n’est jamais chrétien tout seul. La foi est en même temps une foi personnelle et une foi communautaire. Tout d’abord parce que la foi et l’Evangile nous sont transmis par l’Eglise. Nous ne les inventons pas. Demeurer solitaire dans la foi et ne pas vouloir participer à la vie de l’Eglise sont des attitudes qui font courir le risque de se créer son propre dieu, sa propre religion, et de perdre peu à peu le contact avec le Christ. N’oublions pas que l’Eglise est appelée par l’Apôtre le « Corps du Christ ». Qu’est-ce que cela signifie ? Que lorsque nous contemplons le mystère de l’Eglise, lorsque nous participons à la vie de l’Eglise, nous reconnaissons le visage du Christ, nous accédons au Christ. Paul va même jusqu’à dire que si quelqu’un, ou lui-même, annonçait un autre Evangile que celui qui a été annoncé, il convient de ne pas l’écouter (cf. Galates 1,6-9). Il est un Apôtre relié à l’Eglise, à la communauté de toutes les personnes qui croient au Christ. Nul ne peut faire un chemin vers le Christ s’il ne le fait pas en Eglise, car c’est par l’Eglise que se transmet le message du Christ.; c’est par l’Eglise que nous recevons la grâce des sacrements. C’est par l’Eglise que nous est transmis, de génération en génération, la Parole de Dieu. «Là où est l'Église, là aussi est l'Esprit de Dieu; et là où est l'Esprit de Dieu, là est l'Église et toute grâce », nous rappelle saint Irénée de Lyon (Adversus Haereses III, 24, 1). Se couper de l’Eglise, c’est en quelque sorte se couper du Christ. Un chrétien seul est donc un chrétien en danger de mort spirituelle. Il importe donc d’être relié à une communauté chrétienne, de célébrer dans cette communauté et d’y faire l’expérience de la vie fraternelle (Ephésiens 2, 14-22). Etre relié à une communauté chrétienne particulière, à un diocèse, met en relation avec toute l’Eglise. « Là où est l'évêque, là aussi est l'Église » souligne saint Ignace d’Antioche (Lettre aux Smyrniotes VII, 2). Paul nous rappelle aussi que l’Eglise est une, qu’elle est une à l’image de son Seigneur, à l’image de la foi, à l’image du Baptême. Elle est un seul Corps dont le Christ est la tête. Celui qui regarde l’Eglise peut y voir le Corps du Christ, dont tous les chrétiens sont membres. Celui qui contemple l’Eglise peut y reconnaître le Christ, bien que les chrétiens soient aussi pécheurs. Parce qu’il a reçu de l’Eglise la foi et la lumière de la vie, saint Paul se sent l’obligation de transmettre l’Evangile au monde. De la communauté de Damas, puis des Apôtres, il reçoit la mission d’annoncer l’Evangile, car nul ne se donne sa propre mission. La encore, chacun la reçoit de l’Eglise. Notre première mission vient de notre Baptême, mission qui se prolonge à la fin de chaque Eucharistie : « Allez dans la paix du Christ », paix reçue pour être donnée et vécue. Puis il y a des missions particulières par le sacrement de l’Ordre, par le sacrement de mariage, par la vie religieuse, au sein d’une communauté diocésaine ou paroissiale, d’une aumônerie, etc. Et si chacun de nous acceptait à la manière de saint Paul d’aller rejoindre sa communauté chrétienne, de participer à sa vie, pour constituer le Corps du Christ, se laissant instruire par elle pour découvrir le visage du Christ et pour recevoir la grâce de la vie ? De même, avons-nous conscience d’être membre de ce beau Corps du Christ qu’est l’Eglise et de tout faire pour en être témoin ? Source inXL6 ECOLE DE LA MISSION 2008-09
ÉCOLE DE LA MISSION SAINT PAUL « La joie de vivre ! » Dimanche 19 octobre 2008 14h - 20h
Lieu : FMDD Nous célébrerons l’eucharistie à la chapelle Saint Louis
Combien de témoignages qui nous parlent de la joie qu’apportent ces rencontres vécues dans la fraternité, la prière, la formation et la mission! Les années précédentes laissent en nous cette joie de vivre avec Dieu dans la vie de tous les jours. C’est pour cela que cette année, consacrée par l’Église Universelle à notre saint patron Saint Paul, nous voulons entrer avec lui dans cet esprit : « LA JOIE DE VIVRE ! »
Voici les dates prévues pour cette année :
19 octobre ; 16 novembre ; 21 décembre ; 18 janvier; 15 février ; 15 mars ; 5 avril; 17 mai et 14 juin
Nous recommençons les rencontres un dimanche après-midi par mois. Le 3ème dimanche du mois sauf le 5 avril, jour où Mgr. Cattenoz sera parmi nous.
Vous êtes tous les bienvenus !! Aussi les plus petits pour lesquels nous préparons une journée adaptée à leur âge.
A très bientôt !! FMDD
26 avril 2008Mgr. Cattenoz
Samedi 26 avril a eu lieu la rencontre prévue avec notre archevêque Mgr. Cattenoz qui nous a parlé du thème: «EUCHARISTIE, MYSTÈRE NUPTIAL». Après son enseignement nous avons pu continuer le partage avec lui autour d’un repas avant de finir notre matinée avec l’Eucharistie.
Ça a été, comme quelqu’un l’a dit, l'occasion de vivre un temps fort en Église : de prière, de formation et de fraternité. Une occasion de réfléchir en profondeur sur la grandeur de notre baptême et de notre mission de chrétiens auprès de notre entourage. Merci à tous, d'abord à Mgr. Cattenoz !
Quelques photos de la journée vous pouvez les trouver en cliquant ici A très bientôt ! Ecole de la Mission Saint Paul
Enseignement de Mgr. Cattenoz
Ce texte est transcrit par nous à partir de l’enseignement oral
Avec un peu d'humour je dirais que l'École de la Mission Saint Paul devrait faire une école l'année prochaine en Terre Sainte, à Jérusalem. Aujourd’hui je vous propose d'essayer d'aborder même si c'est rapidement : l'Eucharistie comme mystère nuptial.
"La terre entière est remplie de ton amour, prodige qui me dépasse, hauteur que je ne puis atteindre", ce sont les mots du psalmiste dans le psaume 138. Dieu est Amour et toute la Création est marquée jusqu'au plus profond d'elle-même par cet amour divin qui l'enveloppe depuis le premier jour jusqu'au jour où descendra du Ciel de chez Dieu la Cité Sainte, la Jérusalem Nouvelle, belle comme une jeune mariée, parée pour son Epoux. En réalité, à travers toute la Bible, Dieu multiplie les images pour nous dire ce qu'Il veut vivre avec nous, c'est à dire pour nous dire l'amour qu'Il veut nouer entre Lui et nous. Et parmi toutes les images qu'Il va trouver c'est celle des Noces qui va émerger comme un phare qui éclaire le mystérieux projet divin, au coeur même de la Création.
Quel est le projet de Dieu ? "Il nous a choisi, Il nous a élu en Lui dès avant la création du monde pour que nous soyons saints et immaculés en sa présence et dans l'amour, déterminant par avance que nous serions pour Lui des enfants adoptifs dans l'unique bien aimé." (Eph 1, 3-14). Et toute l'histoire Sainte est une histoire d'amour entre Dieu et son peuple. Toute l'histoire sainte s'enracine dans l'amour fou de Dieu pour l'homme. D'ailleurs quel est le premier cri de Dieu en style direct dans la Bible ? "Où es-tu ?". Et en fait toute la Bible c'est l'histoire de Dieu qui cherche l'homme et qui veut renouer avec lui une histoire d'amour. Mais cette histoire elle s'enracine tout à la fois dans l'amour fidèle de Dieu et dans l'infidélité permanente du peuple. En réalité l'amour du côté de Dieu, lui est absolument fidèle, il est fort, il est sans failles et du côté de l'épouse c'est prostitutions après prostitutions. J'y peux rien c'est l'histoire sainte, c'est notre histoire à tous. Et en même temps la phrase d'Augustin coure dans tous les coeurs, "tu nous a fait pour toi Seigneur et notre coeur est sans repos tant qu'il ne repose en toi." Et notre propre histoire devient donc l'histoire d'un amour entre Dieu et nous, l'histoire d'une liberté appelée à s'ouvrir et à adhérer à ce projet divin.
Dans l'Ancien Testament, les liens d'alliance qui se tissent et se nouent entre Dieu et son peuple, l'Écriture les exprimera par la bouche des prophètes, en des images empruntées à l'expérience de l'amour conjugal avec ses joies et ses difficultés, ses hauts et ses bas, où fidélité et infidélité s'entremêlent. Dans ce miroir humain les prophètes entrevoient l'alliance de Dieu et de son peuple dans une grande noce entre Dieu et l'humanité. Ainsi le prophète Osée, à travers son expérience conjugale, nous révèle tout à la fois la fidélité de l'amour divin et l'infidélité de l'Épouse. Et je vous cite le livre d'Osée, au chapitre second :"Intentez un procès à votre mère, intentez lui un procès car elle n'est pas ma femme et moi je ne suis pas son mari. Qu'elle écarte de sa face ses prostitutions et d'entre ses seins ses adultères, sinon je la déshabillerai toute nue et la mettrai comme au jour de sa naissance. Je la rendrais pareil au désert, je la conduirais en terre aride, je la ferai mourir de soif et de ses enfants je n'aurai pas pitié car se sont des enfants de prostitutions. Oui, leur mère s'est prostituée, celle qui les conçu s'est déshonorée car elle a dit : je veux courir après mes amants, qui me donneront mon pain et mon eau, ma laine et mon lin, mon huile et ma boisson.
C'est pourquoi je vais obstruer son chemin avec des ronces, je l'entourerais d'une barrière pour qu'elle ne trouve plus ses sentiers, elle poursuivra ses amants et ne les atteindra pas. Elle les cherchera et ne les trouvera pas, alors elle dira : je veux retourner vers mon premier mari, car j'étais plus heureuse alors que maintenant. Elle n'a pas reconnu que c'est moi qui lui donnais le froment, le vin nouveau et l'huile fraîche, qui lui prodiguait cet argent et cet or qu'ils ont employé pour Baal. C'est pourquoi je reprendrai mon froment en son temps et mon vin nouveau en sa saison, je retirerai ma laine et mon lin qui devraient couvrir sa nudité, puis je dévoilerais son infamie aux yeux de ses amants et personne ne la délivrera de ma main. Je ferai cesser toutes ses réjouissances. C'est pourquoi je vais la séduire, je la conduirais au désert et je parlerais à son coeur. Là je lui rendrais ses vignobles et je ferais du Val d'Akor une porte d'espérance, là elle répondra comme au jour de sa jeunesse, comme au jour où elle montait du pays d'Egypte, il adviendra en ce jour là, oracle du Seigneur, que tu m'appelleras mon mari, et que tu ne m'appellera plus mon Baal. Je conclurai avec eux une alliance en ce jour là. Je te fiancerai à moi pour toujours, je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et la miséricorde, je te fiancerai à moi dans la fidélité et tu connaîtras le Seigneur."
J'espère que vous avez tous une bible; il faut lire et relire sans cesse le chapitre deux d'Osée. Ce sont des chapitres magnifiques, le deux, le onze, le livre d'Osée on gagne à le ruminer. Après Osée vous avez le prophète Jérémie qui reprend le symbolisme conjugal en des images très fortes : "Je me rappelle l'affection de ta jeunesse, l'amour de tes fiançailles, alors que tu marchais derrière moi au désert et pourtant sous toute colline élevée et sur tout arbre vert tu t'es couchée comme une prostituée."
Mais l'amour divin sera le plus fort : "d'un amour éternel je t'ai aimée, aussi t'ai-je t’ai maintenu ma faveur, de nouveau je te bâtirai et tu seras rebâtie, vierge d'Israël, de nouveau tu te fera belle avec tes tambourins et Dieu conclura avec son peuple une alliance nouvelle. Je mettrais ma Loi au fond de leur être, je l'écrirais sur leur coeur alors je serais leur Dieu et ils seront mon peuple." Jérémie, ça c'est au chapitre second. Puis on retrouve au chapitre trente et un. Mais Ézéchiel aura de son côté des mots très durs pour dénoncer la prostitution du peuple et le châtiment qui l'attend :" Je vais rassembler tous les amants à qui tu as plu et je vais découvrir ta nudité devant eux, pour qu'ils voient toute ta nudité, ils t'arracheront tes vêtements et te prendront tes parures, ils te laisseront toute nue. Et j'assouvirai ma fureur contre toi. Mais le Seigneur est Dieu et non point homme. Et viendra le temps du pardon et de la miséricorde. Dieu se souviendra de son alliance, je me souviendrais de mon alliance avec toi au temps de ta jeunesse et j'établirai en ta faveur une alliance éternelle et tu sauras que je suis le Seigneur."
Et je vais vers la fin de ce petit tour biblique de ce premier testament avec le livre d'Isaïe qui laisse déborder les flots de la tendresse et de la miséricorde divine. Dans le livre d'Isaïe on trouve ceci : "Ne soit pas confondue, tu n'auras plus à rougir car tu vas oublier et la honte de ta jeunesse. Ton Créateur est ton Epoux, le Seigneur Yahvé Sabaot est son nom"." Ton créateur est ton époux. Oui comme une femme délaissée et accablée le Seigneur t'a appelée, comme la femme de sa jeunesse qui aurait été répudiée dit ton Dieu. Un court instant je t'avais délaissée. Emu d'une immense pitié je vais t'unir à moi", alors le prophète peut s'écrier :" et c'est la joie de l'époux au sujet de l'épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet." C'est dans le livre d'Isaïe au chapitre soixante-deux.
Petite parenthèse, lorsque vous lisez l'Évangile, dans vos bibles il y a toujours des références en marge ou en note, qui sont très intéressantes. Par exemple, lors du massacre des Saints Innocents. Vous avez la citation : "une voix dans Rama s'est faite entendre, pleurs et longues plaintes, c'est Rachel pleurant ses enfants, elle ne veut pas qu'on la console car ils ne sont plus." " Elle ne veut pas qu'on la console car ils ne sont plus", C'est en réalité, quand on s'arrête à cette citation, c'est Rachel qui ne veut pas être consolée. Cette citation, elle se trouve au coeur d'une partie du livre de Jérémie qui est intitulée livre de la Consolation d'Israël. En fait, Saint Mathieu a mis ce verset là pour nous rappeler à tous, que tout au long de trois chapitres, Jérémie annonce qu'un univers nouveau va être crée, que Dieu va faire l'alliance, qu'Il va faire ses noces avec l'humanité, tout le contraire du verset cité. On est vraiment invités à ruminer la Parole de Dieu en la creusant, en voyant qu'est-ce qu'elle veut nous dire. Est-ce qu'il y a des lumières dans le premier Testament, etc...
Je ferme ma parenthèse et j'en viens au dernier livre sur lequel je voudrais m'arrêter dans l'Ancien Testament. Les livres de Sagesse reprendront dans leur méditation ce symbolisme conjugal en l'appliquant à l'homme qui accueille la Sagesse divine pour s'unir à elle. Et je vous cite deux versets du chapitre quinzième du Siracide : " Ainsi fait celui qui craint le Seigneur, celui qui se saisit de la Loi reçoit la Sagesse, elle vient au devant de Lui comme une Mère, comme une épouse vierge, elle l'accueille." Et enfin comment ne pas voir dans le Cantique des Cantiques une allégorie de l'amour qui unit Dieu et son peuple. Comment ne pas y voir également, la figure des noces qui devaient unir le Christ à l'Église et qui devait donner à l'humanité toute entière de célébrer les noces avec l'Époux divin accomplissant ainsi le projet voulu par le Père dès avant la Création du monde. En effet, "Dieu a tant aimé le monde qu'Il lui a donné son Fils unique" et "le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous". Il s'est uni à nous pour nous unir à Lui. D'ailleurs cette année on lit l'Évangile de Mathieu. Quel est le premier des noms donnés à Jésus juste dès avant sa naissance ? En reprenant la prophétie d'Isaïe : Dieu avec nous. Si je referme l'Evangile de Mathieu, quels sont les derniers mots de l'évangéliste : "je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde". Donc en fait dans toute la bible il y a une promesse : "je suis avec vous, je serais avec vous".
Il y a même la très belle vision de Jacob qui s'endort et il a un songe, il voit une échelle qui va vers le Ciel qui touche le Ciel et qui voit les anges de Dieu qui montent et descendent. A ce moment là Dieu lui dira :" je suis avec toi et je serais avec toi partout où tu iras". Et donc "Dieu a tant aimé le monde qu'Il nous a donné son Fils" et l'Époux a quitté la demeure paternelle pour aller s'unir à son Épouse. Il est parti d'abord à sa recherche et le psaume quarante cinquième, nous donne de contempler le Roi divin qui arrive pour ses noces : "Tu es beau, le plus beau des enfants des hommes. La grâce est répandue sur tes lèvres ainsi tu es béni de Dieu à jamais". Et l'Épouse, le psaume nous la présente rayonnante de beauté, "vêtue de brocarts, la fille de Roi est amenée au-dedans vers le roi, des vierges à sa suite."
En fait les noces entre Dieu et l'humanité commencent mystérieusement au bord du Jourdain car quel est le surnom donné à Jean le Baptiste ? L'ami de l'Époux. Dans les rites nuptiaux de l'époque, il avait pour mission d'aller chercher l'Épouse chez elle et de l'amener, avec une procession, jusqu'à la chambre nuptiale où l'attendait son Époux. Et là, c'est vraiment l'ami de l'Époux qu' est Jean Baptise qui va prendre la main de l'Épouse et qui va la remettre dans la main de l'Époux lorsqu'il va dire : "voici l'agneau de Dieu qui porte le péché du monde". Et l'Évangéliste saint Jean dira : "immédiatement deux de ses disciples suivirent Jésus ». Et vous avez à ce moment un tournant dans l'histoire biblique car dans tout l'Ancien Testament, les prophètes, les hommes de Dieu ne cessaient de dirent : "Seigneur, fais nous voir ta face et nous serons sauvés". Or voilà que tout d'un coup, deux de ses disciples suivent Jésus et on nous dit dans Saint Jean : " Jésus se retournant". Symboliquement c'est extraordinaire, voilà que tout d'un coup l'Épouse peut voir son époux face à face. C'est la première grande rencontre entre l'Épouse et l'Époux. Et en même temps il y aura un dialogue extraordinaire : "Maître où demeures-tu ?" Et la réponse de Jésus sera : "Venez et voyez". Ils vinrent et ils demeurèrent auprès de Lui ce jour-là. C'était environ quatre heure de l'après-midi". C'est donc là que commencent à se célébrer les noces entre Dieu et l'humanité.
C'est vraiment le départ et en même temps, c'est seulement sur la Croix que vont se consommer les noces entre Dieu et l'humanité. Mais il faut aller pas à pas, Jésus commence son ministère en proclamant la Bonne Nouvelle et Il conduit pas à pas, les hommes à la découverte du mystère. Sans bruit, l'Époux s'approche, à son contact, au son de sa voix, le coeur de l'Épouse frémit, les yeux de son âme s'ouvrent et sans savoir ni comment ni pourquoi, elle peut s'avancer à la rencontre de l'Époux. Nos pères dans la foi voyaient tout à fait cette rencontre, ces préparatifs entre l'Époux et son Épouse pour qu'elle puisse pénétrer dans le mystère. Et en même temps c'est par la foi que l'Épouse va pouvoir s'unir à son Époux, mais non seulement l'Époux divin vient à la rencontre de son Époux mais, et c'est là où nos pères dans la foi vont aller très loin car ils vont dire que l'Epoux divin dit à son père avant de quitter la maison paternelle :"même si je devais monter sur la Croix pour m'emparer de mon Épouse, je suis prêt à donner ma vie pour elle."
Et de fait, c'est sur la Croix que vont se célébrer les noces entre Dieu et l'humanité. Et lorsque tous nos pères dans la foi décrivent les catéchumènes, ils les décrivent dans les termes les plus horribles qui soient. Il n'y a rien de pire qu'un catéchumène : c'est une maison en ruine, ça sent mauvais, c'est tout délabré, il n'y a plus de portes, il n'y a plus de fenêtres,... Et en même temps, le rôle de la préparation au Baptême, ce sera de préparer une demeure pour le Roi du Ciel. Et là les catéchistes vont se transformer en restaurateurs, en société de restauration, il va falloir faire venir les gens qui vont pouvoir enlever toutes les mauvaises odeurs. C'est très imagé tout ça.
Et vous avez les exorcistes qui vont mettre en fuite tous les démons. Et moi j'aurai fait un très bon exorciste, car la seule chose qu'on demandait aux exorcistes, c'est qu'ils aient une grosse voix, de façon à faire tellement peur aux démons, qu'ils ne peuvent plus se cacher nulle part, ils sont obligés de déguerpir. Et après chaque enseignement les catéchumènes étaient conduits devant les exorcistes qui leur faisaient des prières à grand bruit de façon à mettre en fuite tous les démons.
Mais en réalité, les noces entre Dieu et l'humanité se célèbreront sur la Croix. Regardons le récit de la Création d'Ève dans l'Ancien Testament. Dieu va d'abord se faire anesthésiste puis Il va se transformer en chirurgien pour retirer une côte d'Adam, et avec cette côte Il va faire une femme. Ce récit n'a d'autre raison d'être que de préparer le récit de la naissance de l'Église. Et en fait, il est écrit pour cela, il veut nous dire de manière imagée le lien qui unit Adam et Ève. Pratiquement tous les pères de l'Église disent que, de la même manière qu'Ève est née du côté d'Adam endormi, la nouvelle Ève, l'Église est née du côté du nouvel Adam endormi sur la Croix. Et là ça devient lumineux. Pourquoi ? Parce qu'au moment où Jésus meurt sur la Croix, le soldat romain va arriver, mais d'abord, avant il faut dire, que dans Saint Jean au moment où Jésus meurt l'évangéliste nous dit en grec : "Il donna l'Esprit" ou "Il remit l'Esprit" avec un jeu de mots : "Il remit l'Esprit" : Il meurt mais aussi Il donne l'Esprit. Et vous avez l'Esprit Saint qui est donné et le soldat romain s'approche, il perce le mur temple saint; c'est l'expression de Jean Chrysostome.
Il perce le mur du temple saint parce que quand Jésus avait dit aux docteurs de la loi et aux grands prêtres: « détruisez ce temple et en trois jours je le relèverais » : Il parlait du Temple de son corps. Et en même temps ça fait référence à une prophétie : « La petite source qui coule de dessous le côté droit du temple ». Une petite source qui devient un torrent et puis un fleuve infranchissable et surtout de l'eau qui va donner la vie partout où elle passe, et non seulement elle va donner la vie mais il y aura une récolte tous les mois au bord de ce fleuve. Ensuite il n'y a plus besoin ni de médecin ni d'infirmière car les feuilles des arbres sont un remède pour toutes les maladies. Et tout vient du coeur de Jésus transpercé qui laisse jaillir de l'eau et du sang.
L'eau symbole du Baptême, le sang symbole de l'Eucharistie. Le Baptême et l'Eucharistie : les sacrements qui font l'Église. L'Église jaillit du coeur de Jésus transpercé. L'Esprit, le Baptême, et l'Eucharistie; c'est l'Église qui est là. Et Jean Chrysostome va jusqu'à ajouter ensuite que les symboles éclatent car non seulement le Seigneur engendre son Épouse mais immédiatement Il s'unit à elle en lui donnant son Corps, sa chair en nourriture. Ce mystère des noces du Christ et de l'Église qui commence au bord du Jourdain, qui s'épanouît sur la Croix, va continuer de générations en générations et s'adresse à toutes les générations des hommes de tous les temps. Certes l'Épouse du Christ c'est l'Église, mais chacun de nous par le Baptême nous participons à ce mystère nuptial. Et nous y participons par les trois sacrements de l'initiation chrétienne : le Baptême, la Confirmation, et l’Eucharistie.
Dans le Baptême, qu'est-ce qu'il y a ? Dans le Baptême il y a une naissance. Jésus a dit à Nicodème : « il te faut naître de nouveau ». Et pour rendre compte de cette naissance, qu'est-ce qui se passe au moment où le prêtre a versé de l'eau sur vous en disant : je te baptise au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ?
Saint Pierre nous dira : « soyez prêt à rendre compte de la foi qui est la vôtre ». On est devenu enfant de Dieu, ça veut dire qu’avant je ne pouvais pas poser des actes d'une vie divine, après je peux poser des actes divins. Je vais vraiment naître à une vie nouvelle et je vais naître de la manière suivante. Pour être homme il faut avoir un corps, une affectivité, une sensibilité, et puis il y a trois grandes facultés qui font l'homme. Il y a l'intelligence, la volonté et la mémoire. On peut dire qu'au moment même où le prêtre nous a plongé dans l'eau, ce geste de plonger dans l'eau avait une double signification. Il signifiait que le Baptême était en même temps un tombeau et un berceau. Le tombeau du vieil homme et le berceau d'un homme nouveau donc une vie nouvelle. Au moment du Baptême, Dieu va greffer en vous Sa propre vie divine. Quand un mauvais pied de vigne donne du mauvais raisin et on va mettre un greffon. Le même pied de vigne greffé va se mettre à donner un fruit complètement différent. Au moment du Baptême, Dieu a greffé dans notre intelligence une petite greffe de vie divine qu'on appelle la foi pour que nous puissions commencer à connaître Dieu. Et pour la foi: c'est un cadeau de Dieu qui vient surélever notre intelligence pour nous permettre de Le connaître vraiment. C'est à dire que sans la foi, nous voyons mal ou rien et avec la foi quand nous nous regardons, nous voyons la Trinité Sainte.
Avec greffe de vie divine; nous pouvons poser un acte que nous ne pourions pas poser autrement. De la même manière, au moment du Baptême, Dieu greffe dans nos capacités, une petite greffe de vie divine qu'on appelle l'amour de Charité, qui va surélever nos capacités d'aimer et pour nous permettre d'aimer divinement Dieu et nos frères. Et ainsi nous, un enfant d'homme, nous pouvons poser un acte divin, nous pouvons aimer divinement. Nous ne sommes plus les mêmes. Et dans notre mémoire, Dieu va greffer un petit greffon de vie divine qu'on appelle l'espérance. Et la définition de l'espérance, c'est un cadeau de Dieu qui vient surélever notre mémoire pour nous permettre, malgré toutes les difficultés de la vie, de marcher à la rencontre du Seigneur sur le chemin du bonheur. Et grâce à ces greffes, nous, des enfants d'homme nous sommes devenus enfants de Dieu.
Jusqu'au plus profond de mon âme, Dieu a greffé en nous, Sa propre vie divine. Et ainsi, nous un enfant d'homme, nous sommes devenus des enfants de Dieu, nous pouvons aimer divinement. Et je prends deux exemples : un jour, avec vingt-cinq jeunes adolescents nous étions à Ceillac pour une retraite de Confirmation et à onze heures et demi nous sommes aller prier. On s'est tous assis dans une grande salle avec une moquette. Il y avait une icône et une moquette. Et je leur ai dit : « allez maintenant on va fermer les yeux et on prie ». Et puis tout d'un coup il y a une fille qui se met à éclater de rire et moi je me dis intérieurement : « c'est une adolescente qui n'est pas capable de rester en silence ». Et à ce moment là elle crie : « mais est ce que vous avez vu l'heure ? » Ça faisait une heure qu'on était en prière. Arriver à faire tenir, vingt cinq adolescents en silence pendant une heure, il n'y a que l'Esprit Saint qui peut y arriver. Il avait envie de travailler dans les coeurs alors Il avait mis sa chape à Lui sur les coeurs pour les faire tenir et aller travailler en eux tous profondément.
Et l'autre histoire, si il y a quelqu'un que vous n'aimez pas, demandez à l'amour divin, à la greffe de vie divine de Charité, qu'elle vous donne son propre amour divin pour que vous aimiez. Et l'histoire des greffes est très juste. Car la greffe elle vient d'ailleurs, elle vient d'un autre pied mais après c'est nous qui la mettons en valeur, c'est le pied de vigne qui la fait grandir. Donc c'est nous qui allons mener une vie divine. Et il y a vraiment un changement de vie radical dont nous pouvons rendre compte d'une manière finalement très simple. Ça il faut que nous soyons capable de l'annoncer aux gens avec qui nous pouvons avoir un dialogue de foi. Vraiment on vit une vie divine, on est plus simplement des hommes. Et ça, ça rend compte de ce que Jésus a dit : "il te faut naître de nouveau !" C'est une véritable naissance.
Quant à la Confirmation, c'est la mise en place en nous de ce qui permet à l'Esprit Saint d'agir quand Il veut et comme Il veut. En fait c'est le complément du Baptême. Baptême et Confirmation sont inséparable, ce sont les deux parties d'une même réalité. Mais la Confirmation c'est vraiment l'acte par lequel, au moment où l'Évêque met du Saint Chrême en imposant la main sur la tête de quelqu'un en disant : "sois marqué de l'Esprit Saint le don de Dieu", à ce moment là, Dieu met en place dans le confirmant, ce qui lui permettra à l'Esprit Saint d'agir en Lui quand IL le voudra, comme Il le voudra. Et je dis souvent avec une image un peu moderne que c'est la mise en place par Dieu en nous d'une énorme parabole. Non pas pour capter TPS ou Canal Satellite mais pour capter Canal Esprit Saint. Avec cette réalité très profonde, d'abord c'est totalement gratuit. Il n'y a pas d'abonnement à payer. En plus c'est à vie, ça ne se dégradera jamais, et il y a un bouquet de chaînes à l'infini. Que demander de plus ? Ça veut dire que si vous êtes bien branchés et bien orientés, car une parabole il faut quand même qu'elle soit bien orientée, et à ce moment là, l'Esprit Saint, quand Il voudra et comme Il voudra, car Il est maître, Il agira en nous.
Car qu'est-ce qu'on appelle un saint ? C'est quelqu'un qui se laisse conduire et habiter par l'Esprit Saint. C'est aussi simple que ça. Quand Saint Paul écrit aux saints qui sont à Corinthe. Ils n'étaient pas très recommandables les gens qui étaient à Corinthe, allez à Marseille sur le Port; il n'y a pas que des enfants de coeur. Et bien, en réalité, vous vous êtes des saints parce que vous êtes habités et j'espère que vous vous laissez conduire par l'Esprit Saint et à ce moment là c'est Lui qui va faire des merveilles en nous.
Voilà, pour le Baptême et la Confirmation. Et puis l'Eucharistie ? Et bien l'Eucharistie, Jean Chrysostome dans ses homélies de préparation au Baptême, dans sa dernière homélie, il dit : demain vous allez entrer dans la chambre nuptiale, vous allez recevoir et accueillir le Fils de Dieu Lui-même. Vous allez pouvoir célébrer vos noces avec l'Époux divin. Alors comment est-ce qu'on peut dire que l'Eucharistie est vraiment le sommet de ce mystère nuptial entre le Fils de Dieu et nous ? Et bien il faut le démonter en plusieurs étages.
Comment est célébrée l'Alliance au Sinaï ? D'abord Moïse a rapporté au peuple toutes les paroles que Dieu lui avait dites ; pas les commandements, les paroles. Car Dieu veut entrer en relation avec son peuple et Il va lui transmettre les paroles. Ça c'est la liturgie de la Parole. Puis après le peuple va dire : ce que Dieu vient de dire, nous le mettrons en pratique. Et ensuite, Moïse va faire tuer quelques veaux, il va faire récolter le sang dans des bassins, il va faire dresser un autel parce qu'il est déjà vieux. Et à ce moment là, il va répandre le sang; la moitié sur l'autel, la moitié sur le peuple. Ça c'est le signe de l'Alliance.
Le sang c'est un signe de communion. C'est à dire que c'est le même sang qui circule en Dieu et dans les hommes, et c'est bouleversant ça. Et je sais que les tchadiens au séminaire en Afrique, ils sont beaucoup plus sensibles à la question du sang. Il y a des séminaristes qui me disaient : « c'est pas possible, le sang de Dieu et mon sang c'est la même réalité ». La profondeur de la communion qui existe par l'Alliance est bouleversante ; on ne fait plus q'un.
Alors en réalité, si je regarde l'Eucharistie que nous vivons, la liturgie de la Parole, et bien il faudrait en redécouvrir la profondeur. J'entends encore mon père à la maison dire que si à la messe on arrive avant le début du Credo on a la messe, si on arrive dès que le Prêtre à dit : "Credo in unum dei", on ne l’a pas. Mais il serait retourné à la messe parce qu'il était chrétien pratiquant. Et qu'est-ce qu'il s'y passe dans la liturgie de la Parole ? Il s'y passe d'abord ceci : le verset de Saint Jean que j'ai lu, tout à fait au début : "le Verbe s'est fait chair et Il a habité parmi nous". Dans Saint Luc : « L'Esprit Saint viendra sur toi, tu concevras et tu enfanteras un fils qui sera le Verbe de Dieu », la Parole divine. L'Esprit Saint s'est incarné en Marie. Entre parenthèses, lorsque Elisabeth entend la salutation de sa cousine Marie, le petit Jean Baptiste qui est un foetus de six mois danse en tournoyant. En fait, Saint Luc reprend le seul endroit dans l'Ancien Testament où quelqu'un danse en tournoyant : c'est David devant l'Arche. C'est à dire que le petit Jean Baptiste il a compris qu'il avait devant lui, la nouvelle arche d'alliance. Marie nouvelle arche d'alliance qui contient la présence divine. Ça pour moi c'est le plus beau texte de la défense de l'embryon comme personne humaine commencée.
En réalité, le Verbe s'est fait chair en Marie et Il est venu habiter au milieu de nous; et c'est en chacun de nous qu'Il veut s'incarner. C'est le désir de Dieu de s'incarner en nous, là où ne l'avons pas encore laissé s'incarner et, la parole de Dieu, si nous l’accueillons elle va descendre en nous et nous allons porter du fruit en surabondance. La liturgie de la Parole, est la première célébration des noces entre Dieu et nous. C'est vraiment l'accueil du Verbe au plus profond de nous-même. Le prophète Isaïe nous dit : "Ma Parole ne me reviendra pas sans avoir accompli son oeuvre". Et son oeuvre c'est de nous unir à la Parole, à Celui qui est la Parole. La Parole est identifiée au Christ Lui-même; Il est la Parole. Et à partir de là, dans le psaume, normalement nous devons ruminer à ce moment là, "tout ce que tu viens de me dire Seigneur, je le mettrais en pratique".
Avant le début de la liturgie de la Parole, il faudrait laisser une minute pour nous mettre en état d'accueillir la Parole. A Toulouse, lorsque j’étais au couvent, étudiant en Théologie, un dimanche matin, au moment où on s'est assis pour la liturgie de la Parole, il y avait un brouhaha dans l'Église des dominicains; il y avait environ mille personnes dans l'église Saint Thomas. Et à ce moment là le lecteur arrive et il commence à dire : lecture de... Et à ce moment là Albert de Moléon qui présidait s'est dressé d'un seul coup et a dit : "Stop, on arrête. On est pas en était d'accueillir la Parole de Dieu, alors on va se mettre en état d'accueillir" et ce jour là pendant deux ou trois minutes il y a eu un silence extraordinaire et j'ai jamais vécu une liturgie de la Parole comme ça. Nous avions pris le temps de demander à l'Esprit Saint d'accueillir la Parole et de la laisser descendre dans nos tripes, dans notre être le plus profond, de façon à ce qu'elle puisse porter son fruit en nous.
Et ensuite, la Parole va prendre chair en nous. Et c'est tout le sens de la Lectio Divina. Il faudrait prendre entre cinq minutes et quinze minutes par jour assis au pied de Jésus en écoutant Sa Parole pour qu’elle s'incarne en nous. Être chrétien, ça veut dire devenir Christ. Ce mystère nuptial, c'est d'arriver à ne faire plus qu'un avec Lui. La liturgie de la Parole a une puissance unissante formidable. Et là je crois vraiment que d'une manière générale, du côté catholique et malheureusement aussi du côté protestant maintenant, on a perdu la puissance de la Parole de Dieu.
Le premier temps unissant, de célébration de noces dans l'Eucharistie, c'est la dans la liturgie de la Parole. Dans les Églises orientales, le chantre prévenait de l’arrivée du Christ, et le diacre arrivait portant l'évangéliaire et uniquement les Évangiles car c'est le Christ Lui-même. Le chantre chantait pour faire prendre conscience au peuple de Dieu que c'est l'Époux qui arrive pour célébrer ses noces avec son Épouse. Normalement il faudrait aussi essayer dans toutes les communautés, d'avoir un vrai évangéliaire. Et un évangéliaire qui soit beau, parce que c'est ce qui permet d'avoir le sens, on a besoin de signes, de symboles. Et l'évangéliaire on ne le met jamais n'importe où, il est là, c'est la présence du Christ Parole.
En ce qui concerne la liturgie eucharistique. Je suis sur que vous auriez tous rêver de pouvoir passer une soirée avec Jésus. A Capharnaüm, une soirée au bord du lac où il fait frais avec des merguez, du poisson au bord du lac... J'y étais il y a deux jours. On a eu de la chance, j'ai réussi à me faire rouvrir un sanctuaire une fois qu'il n'y a plus de touristes, donc on a pu passer tout une soirée au bord de l'eau, tout seul, à prier. Et bien, c'est là. On rêve de ça. Mais entre parenthèses, par l'Eucharistie on est unis à Jésus autrement plus profondément que ne l'étaient ses apôtres qui ont passé une soirée ou trois ans avec Lui. Et, Jésus a voulu nous laisser sa présence. Et Il nous l’a laissée de multitude de manières, mais le sommet de cette présence divine c'est dans l'Eucharistie.
Et dans l'Eucharistie, non seulement Il est là mais Il se donne à nous en nourriture pour faire l'effet inverse de la nourriture, c'est à dire que quand nous mangeons une nourriture, nous l'assimilons à notre corps; quand le Christ se donne à nous, c'est Lui qui nous assimile à Lui. Et Saint Augustin disait : "Chrétiens, deviens ce que tu es ; au moment de communier, chrétien, deviens ce que tu es." On célèbre vraiment une union au Christ au plus profond de notre être au moment de chaque Eucharistie et ça c'est vraiment quelque chose de bouleversant.
Je crois vraiment qu'il faut qu'on retrouve la grandeur de l'Eucharistie dans son côté d'intimité avec le Christ. Nous pouvons faire le tour des présences dans l'Eucharistie. D'abord la présence indispensable avant même de commencer l'Eucharistie, c'est la présence dans celui qui va présider l'Eucharistie, car il n'y a pas d'Eucharistie sans ministre ordonné et la source est le collège apostolique avec chaque successeur d'apôtre ayant son presbyterium autour de lui: l'évêque et ses prêtres. Il n'y a pas d'Eucharistie sans la présence d'un ministre ordonné. Ensuite, l’élément suivant, c'est la présence réelle. A la fin de la prière eucharistique je peux dire : Jésus est vraiment là. Et le Curé d'Ars faisait même des sermons avec trois mots : Il est là.
En même temps, c'est vraiment une invitation à réaliser ce que ça veut dire : Il est là. C'est quand même inimaginable; le Créateur de l'univers. Là je pense à un dialogue que j'ai eu quand j'étais berger au Burkina. On discutait avec un vieux berger musulman. Un jour je lui avais parlé de l'Eucharistie, il m'avait dit : "tu te rends compte de ce que tu viens de me dire : si c'est vraiment lui le Créateur de l'univers, qui vient se donner à toi, mais c'est en rampant que tu devrais t'approcher de Lui." C'est à dire qu’il avait conscience du côté transcendant que ça représentait, quelque chose d'inouïe ! Et voilà qu'il se donne à nous, le Créateur de l'univers pour nous unir à Lui, pour vivre une union totale, ne faire plus qu'un, une seule chair avec Lui. Et là on vit au plus profond du mystère nuptial eucharistique. La Parole et le corps, ce sont les deux lieux d'union avec le Christ ; et dans une union qui dépasse toutes celles qu'on aurait pu imaginer.
Mais il y en a encore une à voir qui n'est pas la plus facile à vivre, c'est que quand je communie, le prêtre dit : "le Corps du Christ" et vous répondez " Amen". Le Corps du Christ, c'est celui que vous recevez mais c'est celui que nous formons tous. Ça veut dire que je m'engage à communier aussi avec tous mes frères et soeurs en Christ. Ce qui est souvent malheureusement le contraire de ce qui se vit dans les paroisses, depuis des dizaines d'années. C'est à dire que normalement on doit communier les uns aux autres, et souvent on reste étrangers les uns aux autres.
L'union nuptiale avec le Christ, et non seulement l'union du Christ avec moi, mais l'union du Christ avec l'Église, c'est dans l'Église qu’elle se vit. C'est même un des deux mots inventés par les premiers chrétiens pour dire qui ils étaient, une koinonia, une communion. Ce n’est pas une communauté, c'est une koinonia, parce que la communion ça reste ouvert à tous. Cette après-midi, si je vais sur la rue de la République et que je vois toute cette masse humaine, qui est dans le monde du commerce et bien je me dirais : il manque au Corps du Christ. Ce sont des membres qui ne sont pas encore rattachés en communion avec le Corps du Christ et donc c'est une invitation à la mission aussi.
Et finalement, je pense qu'à la fin de l'Eucharistie, je vis vraiment uni au Christ, et la plus belle phrase que je peux dire moi, à la fin de la communion, c'est une phrase de Paul : "ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair je la vis dans la foi au fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi". On sent qu'il y a un tête à tête de Paul avec le Christ qui est très profond. Et en même temps, rappelez vous la vision dans laquelle Jésus s'est révélé à Paul, Il va dire : "Je suis Jésus, Celui que tu persécutes". Et du coup, Paul dès le départ va vivre la communion au Corps du Christ avec ses frères, car c'est là qu'il a découvert Jésus. Jésus lui a dit : "Je suis Celui que tu persécutes".
Je trouve qu'il faudrait qu'on creuse chacun de nous cette communion au Corps du Christ comme célébration de nos noces de jours en jours, de dimanches en dimanches, jusqu'au moment où nous serons devenus tellement Christ que le Seigneur nous prendra avec Lui. Je crois vraiment que la durée de nos vies, elle est liée à deux choses. Elle est liée à notre sanctification personnelle et elle est liée à la mission que nous avons dans le Corps du Christ. Et ce sont les deux paramètres du Seigneur. Cette semaine, j’étais dans une communauté avec des prêtres et des séminaristes, il y avait un séminariste qui est mort, il y a, un mois et demi : Guillaume Mirabel. En fait, nous nous sommes est aperçus que dans des lettres, visiblement le Bon Dieu l'avait préparé à partir vite là haut. Il a dit des choses avant sa mort, qu'habituellement un jeune de vingt ans, n’écrit pas.
Donc le Bon Dieu nous prépare à une union totale avec lui, et, à remplir notre mission dans le Corps du Christ. Saint Paul pourra dire : j'ai envie d'être avec le Christ mais mourir m'est un gain mais si je dois rendre service au Corps du Christ en restant alors je suis prêt à rester jusqu'à la fin du monde. Post Mission-PertuisRaviver la flamme de l’Évangile
Nous sommes arrivés à Pertuis très tôt le matin du vendredi. Jackie était là, pour nous conduire chez elle où André, son époux, nous attendait, lui aussi avec une grande joie de nous accueillir pendant tout le week-end. Tout de suite nous nous sommes dirigés vers l'Eglise pour saluer le Père Marc Langello et le Père Sebastien Montagard, curé et vicaire de la Paroisse, et commencer ainsi nos quelques jours de mission.
Quelle joie de retrouver ce matin là, sur la place du marché de Pertuis, tous ces visages chaleureux et familiers qu’il nous semblait avoir quitté hier. Nous étions de retour pour cette « piqûre de rappel ». Immédiatement nous avons formé des équipes pour inviter les passants à venir participer aux temps de prière de la Paroisse pour ce deuxième week-end de Carême et distribuer des évangiles de St Mathieu sur l’initiative du Père Marc et des paroissiens.
Malgré le froid matinal, les rencontres chaleureuses se sont succédées. D’autres personnes étant là pour représenter un candidat aux élections, beaucoup nous ont demandé quel parti nous représentions… « Celui de Dieu » répondait Mayotte avec un sourire joyeux et déterminé. Ce fut l’occasion d’engager la conversation, certains nous ont confié leurs peurs, leurs souffrances, leurs histoires mais aussi nous ont témoigné de leur foi et de leur joie de vivre dans la présence du Seigneur.
Ainsi, au fur et à mesure que le soleil venait réchauffer la place du marché, la soif de Jésus de rejoindre le cœur de tous ces hommes et femmes qui semblaient « comme des brebis qui n’ont pas de berger » (Mc 6, 34) grandissait en nous. S’enchaînèrent le partage de la Parole reçue le matin même dans la prière, les témoignages de l’action du Seigneur dans des moments concrets de nos vies,… Nous assistions à l’action de l’Esprit Saint les personnes que nous rencontrions et qui s’ouvraient, là, juste sous leurs yeux, à la réalité la plus profonde qui les habitait. Car comme il est écrit dans la Bible, elle n’est pas loin de nous cette Parole mais elle est dans ta bouche et dans ton cœur (Deut 30, 14) C’était une grâce pour nous de voir un frère qui n’était jamais rentré dans une église s’ouvrir, ce matin là, à travers la parabole de l’appel de Lévi dans l’Évangile de St Mathieu, à la réalité qui l’habite.
L’évangélisation de rue et la Mission en général, c’est toujours la joie de l’ami de l’Époux (Jn 3, 29), de voir que par notre simple présence, le Seigneur permet la rencontre entre Lui-même et le plus intime du cœur de celui que nous rencontrons. C’est vraiment un bout de ciel qui s’ouvre. On se découvre frères et sœurs, unis dans l’Essentiel. On sentait tout l’élan de la Paroisse, mobilisée d’un seul cœur pour faire grandir cette présence et cet Amour de Jésus au cœur de la ville de Pertuis. Combien d’amour caché, de petits gestes inconnus des hommes, d’offrandes dans le silence et d’humbles services pour que cette Mission puisse se réaliser…
Après cette matinée riche en retrouvailles, nous avons partagé le repas avec les familles, ce fut l’occasion de mettre à plat ses attentes par rapport à la Mission de cette année, de réaliser le chemin parcouru depuis un an et de partager les fruits de la visite pastorale de Monseigneur Cattenoz du mois dernier.
A 17h, nous nous sommes retrouvés pour dire les vêpres et célébrer la messe de la communauté. Nous avons pu remettre au Seigneur, les personnes rencontrées le matin sur le marché et tout ce qui nous avait déjà été confié jusqu’ici. Dans l’Évangile, Jésus nous parlait de l’exigence de l’Amour fraternel : « lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, va d’abord te réconcilier avec ton frère et ensuite viens présenter ton offrande. »( Mt 5, 23). Le Seigneur venait nous aider à faire lumière sur la fragilité de notre condition humaine, sur nos vases d’argiles et nous dire que nous ne pouvons témoigner du Christ ressuscité si nous n’entrons pas nous-mêmes dans nos propres fissures, limites et vérités. Nous avons aussi beaucoup parlé pendant ces trois jours du regard d’amour que Jésus fixe sur nous, qu’Il est le seul à nous faire avancer dans la Vérité, la lumière et la confiance comme Muriel nous en témoignait ce matin là sur le marché.
Pour le dîner, nous nous sommes retrouvés avec tous les membres du Conseil paroissial pour partager un bol de riz. Le soir, dans sa prédication, le Père Paco a préparé nos cœurs pour cette rencontre avec le Christ dans le sacrement de réconciliation, pour nous rappeler son pardon inconditionnel et la joie de vivre dans un cœur nouveau et encore plus amoureux du Seigneur. Avec Lui, nous avons fêté le retour d’une dame rencontrée le matin même sur le marché, qui n’allait plus à l’Église depuis plus de 20 ans et qui ce soir là s’est confessé. Ce fut une des fleurs que le Seigneur nous a laissé voir même si nous ne pouvons mesurer l’impact que peut avoir ne serait-ce qu’une seule conversion comme celle-ci…
Le lendemain, les jeunes d’Avignon, nous ont rejoints au moment de la prière pour vivre ces deux jours intensifs de Mission qui, comme on nous le prêchait, ne sont que prendre soin du petit enfant qu’est Jésus dans chacune nos vies et qui a besoin de beaucoup d’amour et d’affection pour sortir à la Lumière. Arrivés au Local Jeanne d’Arc, Thibault et sa maman nous ont accueillis. Par lui, le Seigneur nous a fait un beau clin Dieu (d’yeux). Il nous a rappelé qu’il n’y a qu’un enfant qui pouvait faire sortir un autre enfant de sa maison, car ils se comprennent et n’ont pas peur l’un de l’autre….
C’est dans cet esprit que nous avons partagé avec les jeunes de l’aumônerie, arrivants petit à petit, à l’heure « provençale » pour se retrouver tous à Mc Do à midi pour manger ensemble cette « pénitence « de Carême ! L’après midi nous avons vécu un très beau partage avec tous ces jeunes.
A 18 heures, nous avons célébré la messe des familles animée par les jeunes de Pertuis et d'Avignon (avec aussi Christophe et Caroline). L’Eglise était pleine et chacun a donné le meilleur de lui-même pour que cette célébration soit réussie et transmette la joie que chacun portait au plus profond de son cœur d’être réunis ensemble pour cette Mission. Après cette Eucharistie qui nous a donnée des forces et un élan nouveau, nous avons eu un autre temps de partage au local Jeanne d’Arc avec tous les membres de la Paroisse. Ce fut un moment convivial, tout le monde était heureux de se retrouver.
Le dîner a été suivi d’une veillée de prière avec des très beaux chants dans laquelle Isabel a prêché la Parole de Dieu et nous avons pu prier longuement. A la fin de la veillée nous avons reçu une Parole de l'Ecriture adressée personnellement à chacun. Un homme nous a partagé sa joie concernant la Parole qu’il avait reçue : « Si tu traverses les eaux je serai avec toi, et les rivières, elles ne te submergeront pas… » (Is. 43, 2). Il avait été en effet officier de Marine pendant toute sa carrière : « le Seigneur me connaît, Il ne pouvait pas mieux tomber ! » nous a-t-il dit !
Le lendemain nous nous sommes retrouvés à la chapelle pour remettre la journée sous le regard du Seigneur. Daniela nous a parlé dans la piste de prière de la Confiance. Cette Parole nous toucha beaucoup car nous avions appris au cours de ces deux jours que plusieurs personnes de la Paroisse s’étaient fait déceler un cancer. Ces mots arrivèrent comme une consolation et nous donnèrent élan pour témoigner avec joie et conviction de la force de l’Amour du Seigneur. C’est ce que Jésus nous invitait à faire dans l’Évangile de la Messe de ce jour : monter avec Lui sur la montagne pour voir la gloire de Dieu, une gloire qui n’est pas humaine mais qui est le fruit de l’action de l’Esprit Saint dans nos vies. Nous avons célébré cette Eucharistie dans la joie et la fraternité, heureux d'avoir vécu ensemble ces trois jours de mission.
Enfin, nous nous sommes retrouvés au local pour partager le dernier repas ensemble de la Mission Pertuis 2008. Ce fût une véritable « piqûre de rappel » qui, comme beaucoup l’ont précisé nécessite, un deuxième rappel et un vaccin pour la médecine fasse effet… alors rendez-vous en 2009 pour continuer le traitement qui guérit les cœurs en ravivant en eux la flamme de l’Évangile… ?
Celine VAIR fmdd Ecole de la Mission Saint Paul-2008 « Thérèse de Lisieux et Louis-Marie Grignion de Montfort,
deux phares pour la mission »
Le Père François-Marie LETHEL est professeur de théologie à la faculté pontificale du Teresianum à Rome
et membre de l’Académie Pontificale de Théologie.
Spécialiste de la théologie des saints et auteur des très nombreux ouvrages
SAMEDI 9 février 2008
9h00-13h00
Enseignement, Prière, Partage, Eucharistie
Famille Missionnaire Dialogue de Dieu
04 90 82 17 87-connaitrelechrist@yahoo.fr
DATE : École de la Mission Saint Paul, Tel : 04 90 8-2 17 87, connaitrelechrist@yahoo.fr Mgr. Cattenoz dans l'Ecole de la Mission Saint Paul (2007)
« Vous avez accueilli les paroles de Dieu non comme une parole d'homme mais comme ce qu'elle est vraiment, la Parole de Dieu » (1Th 2, 13)
I. La parabole du semeur (Mc 4, 1-20) Je voudrais commencer par écouter avec vous la parabole du semeur dans l'évangile de Saint Marc : Mc 4, 1: « Il se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer et une foule très nombreuse s'assemble auprès de lui, si bien qu'il monte dans une barque et s'assied, en mer; et toute la foule était à terre, près de la mer. 2 Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles et il leur disait dans son enseignement : 3 "Ecoutez ! Voici que le semeur est sorti pour semer. 4 Et il advint comme il semait, qu'une partie du grain est tombée au bord du chemin, et les oiseaux sont venus et ont tout mangé. 5 Une autre est tombée sur le terrain rocheux où elle n'avait pas beaucoup de terre, et aussitôt elle a levé, parce qu'elle n'avait pas de profondeur de terre; 6 et lorsque le soleil s'est levé, elle a été brûlée et, faute de racine, s'est desséchée. 7 Une autre est tombée dans les épines, et les épines ont monté et l'ont étouffée, et elle n'a pas donné de fruit. 8 D'autres sont tombées dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit en montant et en se développant, et ils ont produit l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent." 9 Et il disait : "Entende, qui a des oreilles pour entendre ! »
Je n'oserais pas vous demander si vous avez retenu le premier mot prononcé par Jésus : "Écoutez"; ni les derniers mots : "Entende qui a des oreilles pour entendre." Ainsi Jésus nous indique la signification qu'il entend donner à son enseignement, il s'agit d'écouter et il ne suffit pas d'avoir des oreilles pour écouter ! Nous avons tous fait l'expérience de la difficulté d'écouter vraiment. Ce n'est pas pou rien si le verbe écouter est un de ceux qui revient le plus souvent dans la Bible et si la grande prière de tout juif commence par ces mots : "Écoute Israël...". Donc ce double appel à écouter qui encadre la parabole mette en lumière la double dimension de l'écoute : perception et réception de la parole. Ils ne suffit pas d'avoir des oreilles, encore faut-il entendre. Je noterai aussi la solennité dont Marc entoure cet enseignement de Jésus en paraboles. Toute la foule est à terre, Jésus lui est sur la mer et la construction de Marc laisserait entendre que Jésus est assis sur la mer à l'image de Dieu qui chevauche la mer et se joue des monstres marins. L'image que développe la parabole est très simple, celle de la semence qui, selon la qualité de la terre qui l'accueille, pourra porter du fruit ou non. Jésus développe cette image à partir de ce que vivaient les paysans de son époque. Cette parabole est intéressante car Jésus lui-même en explique la signification ensuite. Mais avant de nous donner cette explication, Saint Marc intercale quelques versets extrêmement intéressants : 10 Quand il fut à l'écart, ceux de son entourage avec les Douze l'interrogeaient sur les paraboles. Ceux de son entourage l’interrogent, non pas sur cette parabole du semeur, mais sur le pourquoi de son enseignement en paraboles. 11 Et il leur disait : « A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné; mais à ceux-là qui sont dehors tout arrive en paraboles, 12 afin qu'ils aient beau regarder et ils ne voient pas, qu'ils aient beau entendre et ils ne comprennent pas, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné. » 13 Et il leur dit : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Et comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? » Ces versets nous donnent les deux fondements essentiels de toute vie en Christ. D'abord les versets 11 et 12 « A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné; mais à ceux-là qui sont dehors tout arrive en paraboles, 12 afin qu'ils aient beau regarder et ils ne voient pas, qu'ils aient beau entendre et ils ne comprennent pas, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné », ces versets apparaissent à beaucoup d'étranges, voir incompréhensibles. Et pourtant ils me semblent lumineux : ils nous donnent une clé essentielle de notre être chrétiens. Jésus nous dit : à vous qui êtes autour de moi à m'écouter, vous que j'ai désigné il y a quelques instants comme ma nouvelle famille – « Qui est ma mère ? et mes frères ? » 34 Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. - à vous le mystère du Royaume a été donné, il a été donné parce que vous êtes là autour de moi à écouter ma parole et à vous en nourrir. Le mystère du Royaume n'est autre que cette nouvelle famille qui est en train de naître autour de Jésus à l'écoute de sa Parole, la Parole est puissance de Dieu à l'oeuvre, elle prend corps dans les coeurs. Notez également que dans la suite du chapitre, Jésus cherchera d'autres paraboles pour parler du royaume. Ce chapitre quatrième de Marc forme véritablement un tout. Vous avez donc d'un côté ceux qui sont autour de Jésus et de l'autre, ceux qui sont "dehors". Pour ces derniers qui sont dehors, par contre tout arrive en paraboles. Pourquoi ? Mais tout simplement parce qu'il y a une première démarche indispensable pour avoir la lumière, celle de s'approcher de Jésus pour entendre la parole et pour s'ouvrir à elle. Tant que vous n'aurez pas fait ce premier pas tout le reste sera vain. Tout commence par cet être auprès de Jésus, autour de lui à l'écoute de sa parole car lui seul est la Parole, le Verbe qui pour nous est le chemin, la vérité et la vie. Rappelez-vous lorsque Jésus a choisi ses disciples, il les a choisis pour être avec lui. Tout homme, s'il veut que le mystère du royaume lui soit donné, doit entrer dans le cercle de ceux qui sont autour de Jésus et qui s'ouvrent à l'écoute de sa parole. Dès lors la citation d'Isaïe prend son sens – « 12 afin qu'ils aient beau regarder et ils ne voient pas, qu'ils aient beau entendre et ils ne comprennent pas, de peur qu'ils ne se convertissent et qu'il ne leur soit pardonné. » - , se convertir et même être pardonné ne servirait à rien tant que quelqu'un est dehors et non auprès de Jésus, c'est un préalable indispensable car lui seul pourra être source de vie. Puis, Jésus ajoute : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Et comment comprendrez-vous toutes les paraboles ? » Là encore, nous sommes en présence de la mise en place d'un des principaux fondements de toute vie en Christ. Jésus nous laisse entendre que cette parabole est la porte d'entrée de toutes les autres paraboles. Si vous ne comprenez pas cette parabole, vous ne pourrez pas comprendre les autres paraboles. Vous ne comprendrez rien à rien. Alors, pour permettre à ses disciples d'entrer dans l'intelligence de la parabole, Jésus lui-même en donne l'explication : 14 « Le semeur, c'est la Parole qu'il sème. 15 Ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée, sont ceux qui ne l'ont pas plus tôt entendue que Satan arrive et enlève la Parole semée en eux. 16 Et de même ceux qui sont semés sur les endroits rocheux, sont ceux qui, quand ils ont entendu la Parole, l'accueillent aussitôt avec joie, 17 mais ils n'ont pas de racine en eux-mêmes et sont les hommes d'un moment : survienne ensuite une tribulation ou une persécution à cause de la Parole, aussitôt ils succombent. 18 Et il y en a d'autres qui sont semés dans les épines ; ce sont ceux qui ont entendu la Parole, 19 mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et les autres convoitises les pénètrent et étouffent la Parole, qui demeure sans fruit. 20 Et il y a ceux qui ont été semés dans la bonne terre : ceux-là écoutent la Parole, l'accueillent et portent du fruit, l'un trente, l'autre soixante, l'autre cent." Jésus identifie donc la semence à la Parole de Dieu et l'homme qui reçoit la Parole à la terre qui accueille la semence et lui permet de porter du fruit à la mesure de la qualité d'accueil de la semence. Mystère de la liberté de l'homme et des obstacles qu'il porte en lui, obstacles qui l'empêchent d'accueillir la semence. Mystère de la puissance de la Parole de Dieu capable comme une semence de déplacer des montagnes pour venir toucher les coeurs. Le premier fondement de toute vie chrétienne est donc double ; il faut que la Parole de Dieu soit semée dans les coeurs et qu'elle soit accueillie pour porter son fruit en surabondance. Par contre, Jésus ne donne aucun élément permettant d'identifier le semeur. Tout simplement parce que tout chrétien, tout baptisé et a fortiori tout pasteur est appelé à être porteur de la Parole pour ses frères.
II. De la Parole à la foi Si Jésus donne tant d'importance à cette parabole c'est parce que la Parole a pour mission de faire naître la foi dans les coeurs et que la foi est, comme nous le dit Saint Jean de la Croix, "le moyen prochain et proportionné que requiert l'union de l'âme avec Dieu par amour." ( La montée du Carmel, Livre 2, Chapitre 9). Rappelez-vous le fameux texte de Paul dans la lettre aux Romains : 11 L'Écriture ne dit-elle pas : Quiconque croit en lui ne sera pas confondu ? 12 Aussi bien n'y a-t-il pas de distinction entre Juif et Grec : tous ont le même Seigneur riche envers tous ceux qui l'invoquent. 13 En effet, quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. 14 Mais comment l'invoquer sans d'abord croire en lui ? Et comment croire sans d'abord l'entendre ? Et comment entendre sans prédicateur ? (...) 17 Ainsi la foi naît de la prédication et la prédication se fait par la parole du Christ. La parabole du semeur met en place les deux éléments essentiels à la naissance de la foi : la Parole doit être proclamée et elle doit être accueillie. Dès le jour de la Pentecôte, nous voyons la mise en oeuvre de ces éléments avec le résultat que nous connaissons : « 37 D'entendre cela (le discours de Pierre), ils eurent le coeur transpercé, et ils dirent à Pierre et aux apôtres : "Frères, que devons nous faire ?" 38 Pierre leur répondit : « Repentez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour la rémission de ses péchés, et vous recevrez alors le don du Saint Esprit ». 41 Eux donc, accueillant sa parole, se firent baptiser. Il s'adjoignit ce jour-là environ trois mille âmes. Pierre a été le semeur mais la semence, elle, était divine. La Parole a été accueillie dans les coeurs et le résultat spectaculaire fut le baptême dans la puissance du nom de Jésus de trois mille personnes ! Avant de revenir sur la suite du chapitre quatrième de Marc, permettez-moi de m'arrêter un instant sur le dernier verset du prologue de Saint Jean : « « 18 Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître. » Le Fils unique, le Verbe, la Parole, fait chair a pour mission, lui qui est tourné vers le sein du Père, de nous le faire connaître. Mais le verbe grec est beaucoup plus riche que nos traductions françaises, il signifie faire connaître mais en y conduisant (il comporte la racine "ag" ; "exègèomai"). Ainsi la mission de Jésus est de nous accueillir auprès de lui pour nous conduire auprès du Père et nous donner de nous unir à lui comme des enfants bien-aimés.
III. Entrons dans la maison Le plan de ce chapitre est très facile à retenir, nous visitons un domaine, nous entrons dans la propriété en regardant les champs et les semailles, nous visitons la maison puis nous repartons en jetant de nouveau un coup d'oeil aux champs qui poussent. Mais entrons dans la maison et écoutons Jésus : "Et il leur disait : "Est-ce que la lampe vient pour qu'on la mette sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour qu'on la mette sur le lampadaire ? Car il n'y a rien de caché qui doive être manifesté et rien n'est demeuré secret que pour venir au grand jour. Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende !" Et il leur disait : "Prenez garde à ce que vous entendez ! De la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous, et on vous donnera encore plus. Car celui qui a, on lui donnera, et celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé." Nous sommes toujours dans un contexte d'écoute de la parole puisque nous avons deux séries de sentences encadrées par un nouvel appel à ceux qui ont des oreilles pour qu'ils entendent. Par contre, je ne sais pas si vous avez noté quelques chose d'étrange dans ces quelques versets. " Est-ce que la lampe vient ", je n'ai jamais vu une lampe marcher ! Certains exégètes veulent y voir un sémitisme. Personnellement, je pense que le verbe veut personnaliser la lampe et présenter "Celui qui vient" et qui est la lumière. Dans la maison Eglise, brille la lumière de Jésus ! Dans ces quelques versets, Marc veut préciser quelles sont les conditions de l'écoute. Dans un premier temps, il souligne deux choses : L’importance de l'accueil d'une initiative qui vient d'ailleurs, de Dieu qui nous donne la lumière, de celui qui est la lumière et qui est venu habiter au milieu de nous. La venue de la lampe est première, la venue du Christ lumière des nations est une initiative gratuite de Dieu. Dieu a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils, le Verbe, la lumière qui éclaire tout homme. La lumière nous est donnée, elle nous est donnée mais où allons-nous la mettre sur le chandelier ou sous le lit, allons-nous laisser la lumière de la parole de Dieu éclairer nos ténèbres et tout faire venir à la lumière ? Oui, la Parole est lumière, la lumière même de Dieu et en arrière fond comment ne pas entendre les mots du prologue de Saint Jean : "la Lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas accueillis" (Jn 1, 5). Voilà aussi le mystère du Royaume, la lumière est donnée, allons-nous lui permettre d'éclairer tout notre être, de faire de nous des enfants de lumière. Et peut-être qu'en chacun de nous il y a encore des zones d'ombres, des endroits où nous n'avons pas laissé la lumière de Dieu entrer... Finalement, Marc met en lumière - c'est le cas de le dire - la liberté qui est la nôtre dans l’accueil du mystère du Royaume et cela il le souligne dans la deuxième série de sentences : Il y a d’abord l’appel à entendre, la liberté est en jeu, allons-nous oui ou non écouter, accueillir la parole, laisser la lumière nous envahir ? Et Jésus continue d'abord par un jeu de mots pour unir l'image de l'oreille et celle de la lumière. Malheureusement il est difficile de rendre cela en français, littéralement il faudrait traduire : "Voyez ce que vous entendez (blépété)", l'enjeu est de taille. Ces versets soulignent en effet, l'importance de la réponse de l'homme à cette initiative de Dieu qui veut se donner. Ce que l'homme fait est aussitôt dépassé en surabondance parce que c'est à Dieu qu'il a affaire : l'enjeu est sans mesure parce qu'il s'agit du mystère du règne. On gagne tout ou on perd tout. L'homme qui accueille sera comblé, celui qui se ferme à la porte et à la lumière de Dieu perdra tout. Mais il est temps de quitter la maison et en sortant de jeter un coup d'oeil sur les deux dernières paraboles. "Et il disait : "Il en est du Royaume de Dieu comme d'un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu'il dorme et qu'il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse, il ne sait comment. D'elle-même, la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, puis plein de blé dans l'épi. Et quand le fruit s'y prête, aussitôt il y met la faucille, parce que la moisson est à point." ( Mc 4, 26-29). Le point important de cette parabole est le fait que la semence, une fois jetée en terre, germe et croît, que le paysan dorme ou veille, on ne sait comment. La parole de Dieu est une réalité divine porteuse du mystère de royaume survenu et apparu en Jésus, cette parole vit et croît et réalisera pleinement le dessein de Dieu - " Ma parole ne me revient pas sans avoir accompli son oeuvre". Quelle leçon pour nous ! Une invitation à laisser la parole faire son oeuvre en nous, une invitation à une lectio divina qui ne sera pas autre chose qu'une écoute savoureuse de la parole. Ne cherchez pas toujours l'efficacité en vous disant je lis l'évangile mais cela ne me dit rien. Laissez la parole agir, elle accomplira son oeuvre immanquablement mais vous ne pouvez pas percevoir cette action mystérieuse de la parole. Venons-en à la deuxième parabole : "Et il disait : Comment allons-nous comparer le Royaume de Dieu ? ou par quelle parabole allons-nous le figurer ? C'est comme un grain de sénevé qui, lorsqu'on le sème sur la terre, est la plus petite de toutes les graines qui sont sur la terre; mais une fois semé, il monte et devient la plus grande de toutes les plantes potagères, et il pousse de grandes branches, au point que les oiseaux du ciel peuvent s'abriter sous son ombre." ( Mc 4, 30-32) Le point important ici est évidemment le contraste entre la petitesse de la graine et la grandeur de la plante adulte qui d'après la citation au verset 32 de Daniel 4, 21 sera un véritable arbre : évocation du royaume de Dieu. Tel qu'il se présente maintenant, dans la personne de Jésus, dans la parole, il est caché, il n'attire pas l'attention, peut-être parce qu'il y a en nous beaucoup d'obstacles, que nous sommes accaparés par mille choses, c'est pourquoi : "Prenez garde à ce que vous entendez ! Mais en même temps cette parabole suscite la confiance devant la puissance de cette graine !
IV. La puissance de la Parole de Dieu à l'oeuvre La puissance de la Parole de Dieu est ainsi de faire naître la foi et de nous conduire à l'union à Dieu. Et ce n'est pas pour rien si la Parole de Dieu est le premier des quatre fondements de la communauté chrétienne primitive : "42 Ils se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières." ( Ac 2, 42)
1. La Parole à l'oeuvre dans la parole de Pierre Au lendemain de la Pentecôte, Pierre à l'entrée du Temple reprend la parole pour dire à l'impotent : "De l'or et de l'argent je n'en ai pas, mais ce que j'ai, je te le donne, au nom de Jésus-Christ, lève-toi et marche !" et immédiatement d'un bond il fut debout et il marchait. La puissance du Christ éclate dans la parole de Pierre. Après cette guérison, la foule accourt. Pierre prend de nouveau la parole, mais les prêtres, le commandant du Temple et les sadducéens interviennent et emprisonnent les apôtres. Cependant rien ne peut arrêter la Parole de Dieu ; aussi le livre des Actes ajoute-t-il : " Cependant beaucoup de ceux qui avaient entendu la Parole embrassèrent la foi". Vous voyez la puissance divine qui éclate dans ces hommes sans culture ni éducation, des pécheurs de Galilée, de surcroît jetés en prison. Leur parole attire les foules. En réalité le discours de Pierre avait jeté la semence divine dans les âmes, il avait touché les coeurs. La puissance divine est à l'oeuvre à travers la parole de Pierre, lorsqu'il prêche, il s'efface devant celui qui l'habite et le Christ, lui le Verbe, la Parole éternelle vient toucher les coeurs à travers la parole de l'apôtre.
2. La puissance de cette parole La puissance de la parole est immense, elle dépose dans les coeurs une semence de vie divine ; or le propre d'une semence est de croître, de se développer, de porter du fruit. Certes, sa croissance pourra être entravée si elle n'est pas reçue dans une bonne terre, mais elle porte en elle un dynamisme de fécondité. Jésus a comparé sa parole à une graine de sénevé, à du levain, à une perle de grand prix, à un trésor ; toutes ces paraboles manifestent la puissance de la parole de Dieu qui s'étend par toute la terre et s'enracine toujours plus profondément dans les coeurs. La puissance d'expansion de la parole de Dieu est sans limite. Elle touche les coeurs, fait naître en eux la foi, puis elle en fait se témoins. La parole a pour mission d'être le chemin qui conduit l'homme jusqu'à Dieu et, avec raison, les Actes des Apôtres parlent de la prédication comme d'une voie, car elle est véritablement la route, le chemin qui ouvre les portes du Ciel. En effet, la prédication, ne repose pas sur une parole humaine mais sur la Parole même de Dieu, là est toute sa force ; Dieu lui-même en est la source. Sa parole se fraie un chemin pour venir toucher les coeurs. Il attire à lui des "porteurs de sa parole", il leur donne une "oreille de prophète" pour écouter et recevoir son enseignement sans lui faire obstacle ; il met son Esprit dans leurs coeurs et sur leurs lèvres. Ainsi sa parole peut être entendue. Elle continue alors à oeuvrer dans le coeur des auditeurs, elle pénètre au plus profond des âmes et, comme à l'aube de la création, elle accomplit son oeuvre, elle donne à chacun de s'ouvrir au mystère et de s'unir à Dieu dans la foi. L'Esprit Saint est à l'oeuvre dans la parole et dans le coeur du porteur de la parole et dans celui de l'auditeur.
3. Dire et faire c'est tout un pour Dieu Comment ne pas entendre la Parole qui retentit à l'aube de la Création : "Dieu dit... Et il en fut ainsi !". Pour Dieu, dire et faire c'est tout un. La Vierge Marie l'avait bien compris, elle qui a pu dire à l'ange Gabriel : "Qu'il me soit fait selon ta parole". C'est encore elle qui dira aux serviteurs de la noce à Cana : "Faites tout ce qu'il vous dira !" Toute la Bible porte témoignage de cette puissance de la Parole de Dieu qui réalise infailliblement ses desseins : "10 De même que la pluie et la neige descendent des cieux et n'y retournent pas sans avoir arrosé la terre, sans l'avoir fécondée et l'avoir fait germer pour fournir la semence au semeur et le pain à manger, ainsi en est-il de la parole qui sort de ma bouche, elle ne revient pas vers moi sans effet, sans avoir accompli ce que j'ai voulu et réalisé l'objet de sa mission." ( Is 55, 10-11)
V. L'accueil de la Parole dans le Nouveau Testament Plusieurs conditions doivent être remplies pour permettre à la semence divine déposée dans les coeurs d'accomplir son oeuvre.
1. L'accueillir comme parole de Dieu dans la puissance de l'Esprit Les chrétiens de Thessalonique sont un modèle ; Paul a pu leur écrire : " Vous avez entendu de notre bouche la parole de Dieu et vous l'avez accueillie, non comme une parole d'homme, mais comme ce qu'elle est réellement, la parole de Dieu. Et celle-ci reste active en vous les croyants " (1 Th 2, 13) ; de même il peut leur écrire : "notre Evangile ne s'est pas présenté à vous en paroles seulement, mais en puissance, dans l'action de l'Esprit Saint, en surabondance. De fait, vous savez comment nous nous sommes comportés au milieu de vous pour votre service. Et vous vous êtes mis à nous imiter, nous et le Seigneur, en accueillant la Parole, parmi bien des tribulations, avec la joie de l'Esprit Saint" (1 Th 1, 5).
2. La scruter, l'étudier Accueillir la parole divine, cela signifie non seulement la recevoir, mais l'étudier, la méditer, la ruminer. La foi nous est donnée comme une semence divine, mais celle-ci doit prendre racine, développer toute ses virtualités pour arriver à sa plénitude et là, la part humaine est importante. Les Actes des Apôtres nous disent à propos de la naissance de la communauté de Bérée : "Ils accueillirent la parole avec le plus grand empressement. Chaque jour ils examinaient les Écritures pour voir si tout était exact." (Ac 17, 11). La parole de Dieu est un trésor, pour le découvrir il faut creuser suffisamment profond. Si la lecture suffisait, Philippe n'aurait pas dit à l'eunuque : "Comprends-tu ce que tu lis ?". S'il suffisait de lire, le Christ n'aurait pas dit aux juifs : "Scrutez les Écritures." Scruter, ce n'est pas s'arrêter à la superficie, c'est descendre jusqu'au fond." L'homme devra mettre toutes ses ressources intellectuelles et spirituelles au service d'une véritable intelligence de la Parole. Il n'est pas question de s'en tenir à la foi du charbonnier. Il faut étudier la Parole de Dieu : "Méditons soigneusement les divines paroles ; ne cessons pas d'en faire notre étude, travaillons à en acquérir l'intelligence". L'intelligence a sa part dans l'accueil de la foi et ce travail consiste avant tout à scruter les Écritures pour pénétrer dans l'épaisseur du mystère. Souvent nous lisons l'Écriture comme vivaient nos ancêtres, en faisant la cueillette... Il faudrait aller plus loin... Par la volonté de l'Esprit Saint, la Bible a été écrite par des publicains, des pêcheurs, des corroyeurs, des bergers ; ainsi le dernier des paysans ne peut mettre en avant son ignorance. La parole de Dieu est à la portée de tous, le moins instruit des hommes peut accueillir les paroles de la Bible et y trouver la vie. Jésus a fait preuve du même souci de pédagogie ; il a invité les Juifs à scruter les Écritures pour y découvrir le témoignage qu'elles lui rendaient. Il a souvent fait référence à des événements de l'Ancien Testament pour nous conduire jusqu'à la pleine intelligence de son mystère. Tout le Nouveau Testament est là pour le rappeler, la foi de l'Église s'enracine dans l'Ancien Testament. Celui-ci joue un rôle de précurseur, il annonce par avance ce qui se réalisera à la plénitude des temps et il nous prépare à entrer dans l'intelligence du mystère.
3. Une nourriture Ce contact avec la parole de Dieu est une véritable nourriture, la nourriture de l'âme. Comme le corps, elle a besoin de se nourrir : "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu" (Mt 4, 4). La parole de Dieu est cette nourriture sans laquelle nos âmes "périraient d'inanition". Elle est ce pain dont parle Jésus dans l'Evangile : "Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle". Ce pain, note Chrysostome, désigne en effet soit la parole de Jésus et la foi en lui qui en résulte, soit son coeur corps donné en nourriture ; l'un et l'autre fortifient et vivifient l'âme.
4. Une fontaine La parole de Dieu est également une fontaine, elle coule, abondante et intarissable ; l'humanité peut venir s'y abreuver sans risque. Cette fontaine a même une caractéristique bien particulière : elle coule d'autant plus qu'on y puise plus fréquemment.
5. Attention : humilité nécessaire La parole divine doit être accueillie avec humilité, et ne point écouter cette parole comme une parole humaine. L'esprit humain est trop faible pour scruter par lui-même les mystères, il doit se laisser conduire par Dieu avec humilité.
VI. Des témoins... Les patriarches, la Samaritaine, le centurion, Pierre, l'eunuque, autant de témoins qui l'affirment : la foi naît de l'écoute de la parole de Dieu reçue et méditée dans un coeur humble et confiant. Les patriarches demeurent, bien sûr, les témoins par excellence du mystère de la foi. Leur confiance en Dieu était sans borne ; en eux, la parole de Dieu put accomplir son oeuvre, la foi put déployer toutes ses virtualités. De son côté, la Samaritaine, pourtant lente à croire, nous rappelle la nature de la foi à travers l'image des eaux vives ; dès qu'elles jaillissent dans une âme, elles se répandent et se communiquent. N'a-t-elle pas abandonné sa cruche pour devenir ? Le centurion, lui, rend témoignage à la puissance et à l'efficacité de la parole de Dieu : il crut qu'une seule parole sortie de la bouche de Jésus pouvait guérir son serviteur sans même le lui amener. Pierre, de son côté, est là pour inviter les fidèles à faire confiance à la parole de Jésus plus qu'au témoignage de leur propre conscience ; il croyait ne jamais être scandalisé, même si tous les autres l'étaient, mais Jésus permit son reniement ; après sa chute, il apprit à obéir en tout à son maître, à croire à la vérité de sa parole et non plus à son propre jugement. Enfin l'eunuque de la reine d’Ethiopie, humblement et sans bruit, nous donne le plus beau témoignage, lui dont la foi est née à la suite de la lecture du prophète Isaïe ; Philippe l’a rejoint et il lui en a découvert le sens caché. Il s'appliquait à la lecture des Écritures, Dieu est venu à lui pour faire naître la foi en son coeur et lui donner de recevoir le baptême.
VII. Conclusion En conclusion, je voudrais vous inviter à lire toujours davantage la Parole de Dieu, nous devrions la connaître aussi bien que les rues de notre quartier ou de notre village. Quand j'étais professeur au séminaire, je disais parfois aux séminaristes comme une boutade mais qui contenait sa part de vérité : celui qui ne lit pas chaque année au moins tout le Nouveau Testament, est en danger de péché mortel ! Puisse l'Esprit Saint susciter en chacun de vous cette soif de la parole qui fera de vous les saints dont l' Eglise a besoin. |
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